‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 16 sur 108 · Ibid., p. XXIX · texte numérisé non relu

Ibid., p. XXIX

4. fbid. p. XXXVIII. Cf. A. W. Schlegels Vorlesanqen iiber philosophische Kunsllehre, etc. Hg. von A. Wïinschc, 1911, Leipzig, p. 157 : « Le drame est une synthèse absolue des deux autres genres opposés, épique et lyrique, etc. »

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sion, et montrer l'invraisemblable à côté de la réalité la plus ordinaire et la plus probante. » C'est dans Calderon qu'il trouva l'idée d'un genre « à la fois allégorique, lyrique et dramatique ». Et c'est une application de ses nouvelles conceptions que sa double tentative de drame romantique '.

La Genoveva (1799) était née cependant sous d'autres constellations. Tieck y a pieusement suivi le conte populaire de Geneviève ; aussi n'y a-t-il point de place pour des imitations étrangères. On a noté quelques réminiscences possibles ^ : Otho ressuscite comme le Prince Constant pour achever son œuvre ; Zulma rappelle Luna qui suit le chef maure de la Virgen del Sagrario; les visions, la confession sont parées chez les deux poètes de traits identiques. Mais c'est en somme une influence insaisissable. Au point de vue de la forme, l'imitation n'est pas plus incontestable.

La Genoveva a peu de choses du poète espagnol ; le vers de romance en particulier, qui est le mètre préféré de Calderon, n'apparaît encore pas chez Tieck ; la redondilla par contre, est essayée, avec des variantes qui en rompent la régularité monotone '. Les autres formes particulièrement méridionales sont d'origine italienne, mais il est possible que Tieck en ait puisé l'idée dans les imitations caldéroniennes. Le tercet n'est familier qu'à Lope ; Tieck y a recours quclque-

1. Avant la période d'influence espagnole, on ne trouve pas chez Tieck de rythmes dramatiques espagnols ; Zerbino contient déjà des octaves et des sonnets, même la quintilla, mais ces mètres doivent leur origine à l'inspiration du seul Cervantes, qui était prépondérante à cette époque.

2. Ludwig Tiecks Genovevu als roniAntische Dichtung betrachtet von J. Ranftl, Graz, 1899. p. 107 sq.

3. P. 73sq. (en4,re Genoveva et Golo). Les autres types p. 46, 52, 61 sont différents et, tous exclusivement réservés aux Sarrasins (Zulma) .

Première période romantique de Tieck 3^

fois ' ; la stance au contraire est une des formes préférées de la poésie caldéronienne ; Tieck en fait à son tour un emploi fort large, et écrit en octaves des scènes entières ^ ; le sonnet avait aussi droit de cité dans le drame espagnol ; Tieck lui fait dire l'espoir inébranlable de la foi ', les ambitions royales de Charles Martel *, les tourments de Golo ', les apaisements profonds des rêves célestes ®, la plainte de Geneviève ', la béatification des héros ^ ; ce sont toujours des effusions lyriques, un arrêt de l'action et une sorte d'élévation de l'âme. En somme, si Tieck a interpolé dans la trame de sa pièce des formes lyriques, c'est parce qu'il avait admis dans l'inspiration générale de son théâtre des éléments proprement lyriques ; il avait suivi la leçon de G. Schlegel. Le drame espagnol lui avait donné l'exemple de cette variété : Tieck ne lui a pris en fait que le principe, les souvenirs de détail viennent d'ailleurs \

Lorsque fut écrit le Kaiser Oclavianus (1801-1803), l'influence caldéronienne avait poussé des racines plus

1. Ihid., p. 67 sq. (dcr Unbckannte), p. 267 sq. (der Pilgrimm-Siegfried).

Les tercets de Galderon (El principe constanle, acte I, plage de Tanger) sont peu réguliers et pas caractéristiques.

2. P. 50, p. 70, p. 86 sq., p. 112 sq., 115 sq., 133 sq., 148 sq., 198 sq., 208 sq., 225 sq., 228 sq„ 260 sq., 270 sq. Cf. Hiigli, Die romanischen Slrophen in der Dichlung deulscher Ronfiunliker, Ziirich, 1900, p. 91 sq. La stance, dit-il, est la strophe préférée de Geneviève.

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