Ibid., p
Première période romantique de Tieck 47
ractérisés. Calderon aflfectionne ces leit-motiv. C'est ainsi que chaque dizain du premier monologue de Sigismundo, dans La Vida es Sueno (acte I) se termine sur le vers :
Tengo menos libertad '.
Tieck à son tour aime à reprendre, avec des variations, et à intervalles irréguliers, le motif dominant de son évocation ou de son rêve. Roxane répète sous des formes diverses son hymne à la rose :
Rose, liebste Mâdchenblume !
Rose, die du dort geboren * !...
Rose, liebste Mâdchenblume, Liebesbiume, sûsze Rose !...
Liebesblume, Mâdchenblume, Rosenblume, sûsze Rose '...
Ainsi Lealia chante à son tour sa fleur symbolique en rappelant le nom à la fin des périodes. Ainsi Marcebille retrouve à la fin de chaque dizain le souvenir de '
Jenen rost'gen, schwarzen Ritter *,
qui poursuit son imagination et son cœur. Le vers de Tieck, comme le vers de Calderon, est, par suite de cet art savant, d'un rythme délicat et souple, vraiment musical et pénétrant. La phrase du poète allemand ne gagne pas plus que celle de l'Espagnol 4 être analysée et commentée ; elle est faite pour être lue à haute voix et séduire par la seule harmonie de l'ensemble et le chant mystérieux de ses rythmes. Aussi les mots se