‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 28 sur 108 · fasc. 9 (20 janvier), I · texte numérisé non relu

fasc. 9 (20 janvier), I

Evolution de Tieck. — Mysticisme et inaction 53

moderne '. » Aussi préfère-t-il, dans son Esthétique, Galderon à Shakespeare ; le poète anglais lui apparaît comme un Dieu, mais comme un Dieu barbare, et qui n'a point atteint l'art suprême ; Galderon au contraire a réalisé l'idéal de l'artiste, du génie total, qui appartient au passé par sa matière et ses sujets, mais est éternel par l'art et la forme, et a atteint la perfection que la théorie spéculative pouvait ne croire possible que dans l'avenir *.

Solger note à son tour des éléments antiques dans Galderon et Shakespeare, dans El mayor encanto amor par exemple, mais, ajoute-il, le poète moderne remanie la matière, la repétrit, et l'adapte à son tempérament propre '.

Les poètes, romantiques ou non, suivirent l'irrésistible courant. Schiller lui-même, qui avait eu des méfiances à l'égard du théâtre espagnol, rend hommage, dès 1803, à ses mérites originaux. Tout le monde approuve, se félicite de la traduction de Schlegel, en espère les plus heureux résultats. Jean-Paul s'étoimc que des nations et des siècles « aient pu méconnaître un Aristophane, un Shakespeare, un Galderon » *.

Goethe à son tour fut conquis ^ G'est le 11 septembre

1. Le 2 octobre, il offre à Cîœlhe, en échange de la pièce de Galderon, les Lacrimas de Schiitz : Goethe nnd die Romantiker, I, 225. Il ne renvoya le Galderon qu'en avril 1803. Voir Schellings Leben, 1,427.

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