Raich, D. Schlegel, 1, p. 160 (nov. 1805) à C. Paulus
Evolution de Ticck. — Mysticisme et inaction 55
religion la plus artiste, comme une source de Jouvence qui a conservé à Galderon et à Cervantes leur force et leur génie jusqu'à l'âge le plus avancé '. En 1808, elle préférait Galderon à Gœthe lui-même. Le monologue de Faust est certainement bien beau, dit-elle, mais Galderon a, dans son monologue du même genre : Los dos Amantes del Cie/o, manifesté plus de profondeur et de richesses. La scène de Marguerite en prison est d'un esprit tout caldéronien, mais pourtant très allemande *. Galderon pouvait donc être rangé, aux yeux des romantiques, parmi les plus grands et décidait de l'évolution religieuse qui entraîna tant d'esprits distingués.
Les amis et disciples des classiques comme des romantiques se tournent avec curiosité vers l'étoile nouvelle. Kœrner passe du Don Quichotte au théâtre espagnol (1804), et se laisse plus particulièrement captiver par das Leben ein Traiim. Le botaniste Nées von Esenbeck s'accuse de prendre plaisir à Galderon : « Peut-être, ajoute-t-il, est-ce un signe de maladie, quelque chose comme une épidémie ou bien cela se rattache-t-il aux vacillations de l'axe terrestre \ » J. Grimm lut Galderon et Lope*; dans certaines écoles on jouait les chefs-d'œuvre religieux de Galderon, et le futur poète Eichendorff tint un rôle dans ces représentations de Noël *. Le musicien H. B. Romberg compose et fait jouer en 1807 un