‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 42 sur 108 · Holtei, Briefe, l. c, III, 111 sq. (11 mars · texte numérisé non relu

Holtei, Briefe, l. c, III, 111 sq. (11 mars

Evolution de Tieck. — Mysticisme et inaction 77

d'après Galderon. « Comment s'appelle la pièce espagnole?» lui demande alors son beau-frère. Reichhardt se proposait de faire rapporter à leur pièce de grosses recettes, et Tieck n'insista pas.

Tieck avait perdu, à travers les années tourmentées de la domination étrangère, le meilleur de son inspiration romantique ; il se retrouve aux premières heures de recueillement, plus conscient, et moins spontané, plus critique et moins poète ; il rassemble dans le Phantasus ses œuvres de jeunesse, et se prépare à une nouvelle activité, moins nébuleuse, plus proche de la terre et de la vie. Galderon lui apparaît dès lors moins isolé au milieu des choses et des hommes parmi lesquels il s'éleva, et son art n'est plus accepté sans réserves. Shakespeare reprend tous ses droits ; il est le poète inspiré, immense et profond. Galderon au contraire est considéré surtout comme un artiste, un artiste admirable, mais compassé ; Lope n'est plus dédaigneusement oublié. L'évolution de Tieck n'est pas encore décisive ; mais un goût nouveau se trahit dans ses déclarations ; les divers mouvements littéraires qui passent autour de lui vont déterminer un pas définitif. Tieck va condamner le romantisme des épigones, et prendre parti pour une conception nouvelle de l'art et de la vie qui, sans exclure Galderon, devra lui mesurer sa place et ouvrir la voie à une poésie moins idéaliste.

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¥ ES années de la guerre firent du tort à l'activité lit- '■-' téraire. On négligea, dans la tourmente, beaucoup Galderon ; mais la fumée était à peine dissipée que les romantiques revinrent à leur idole, et que les dévotions reprirent de plus belle.

Malgré les avertissements et les méfiances de son ami J. Georg Rist, Gries crut avoir en Allemagne assez d'autorité pour lutter avec G. Schlegel sur le terrain des traductions espagnoles. Gœthe l'encourageait ; il se mit au travail en 1814. Le principe de la traduction est posé par Gœthe lui-même : « 11 faut concilier les deux façons de traduire, celle qui reste absolument fidèle à l'original, et celle qui veut être intelligible et facilement accessible àsapropre nation V » La traduction de Gries, en 7 volumes, s'échelonna de 1815 à 1829. Dès 1814, quelques fragments de das Leben ein Traum et die grosze Zenobia parurent dans la Zeitiing fïir die élégante Welt \

1. K. Th.Gaederz. Wasicha.m Wegefand. Neae Foigre, Leipzig, 1905, (Jries à Goethe, II. 151.

2. 1814, n» 223, p. 1777, n" 224, p. 1788, n" 225, p. 1793 ; 1815, n» 159, p. 1265, 11» 160, p. 1274, n" 161, p. 1281, n" 162, p. 1291. En outre, le

Influences nouvelles 79

Gries déclara lui-même sa traduction supérieure à celles de G. Schlegel et de Tieck et se décerna le titre de premier traducteur allemand *. Gœthe la recommanda très chaudement, faillit promettre à Gries d'écrire quelque chose sur le Mage *. Les amis du traducteur se donnèrent beaucoup de mal. H.Voss, qui avait eu aussi l'idée de traduire le Calderon, se contenta de faire un compte rendu du travail de Gries dans VJenaische A. L. Z., d'après le manuscrit même de la deuxième partie '. Abeken rédige à son tour un compte rendu dans les Heidelbe7'ger Jahrbiicher de 1817 ; VHermes de 1819 donna sa critique *. Solger signalait, dans les Wiener Jahrbûcher \ l'excellente traduction de Gries qui est « dans toutes les mains » *.

Effectivement les premiers volumes se vendirent bien. Mais la contrefaçon s'en empara ; les livres suivants furent accueillis avec indifférence. Aussi Gries se plaignait-il de l'ingratitude du public :

n° 211, p. 1684 (26 oct. 1815) contient une analyse de l'auto sacranientale de Las Plantas.

1. Weimarisches Jahrbuch fur deulsche Sprache Litleralur und Kiinst, III, 1855, p. 150. (Article : J. D. Gries ûber sichnnd seine Zeilgenossen par H. v. F. La lettre est de 1816.)

2. Gaederz, l. c, II, 148 (12 avril 1817). Cf. p. 141. « Goethe fait excellemment remarquer que les rapports de l'école et de l'église, de même que la vie sociale, peuvent être sans peine dégagés de cette pièce. »

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