‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 46 sur 108 · Gubitz, Vosxische Zeitang, 1861, n · texte numérisé non relu

Gubitz, Vosxische Zeitang, 1861, n

4. Briefwechsel (à Goethe) 1799-1818, éd. Reclam, t. I, p. 506 (20 oct. 1816).

5. Graf Briihl, Teichmann. Lillerarischer Nachlass, p. 116 (18 nov. à Goethe). P. A. Wolff traduit Amigo, a,manto y Leai, sous le titre de Schwere Wdhl, qui fut jouée à Berlin en 1822.

Influences nouvelles 83

Le drame à la mode est da reste tout plein de l'inspiration caldéronienne. Z. Werner, Miillner, Houwald composent des pièces puissamment tragiques, sombres et tourmentées, où passe le spectre effrayant du Destin. Calderon n'est certes pas le seul responsable du drame fataliste. Schiller et Tieck avaient ramené sur la scène l'antique fatalité. Werner cherche à les concilier avec les idées chrétiennes. Et c'est en cela que Calderon lui montre la voie. La prédestination qui sauve un bandit {Dévotion à la Croix), la prédiction sinistre qui poursuit Marianne [El mayor mônstruo, los celos), les péripéties, les moyens extérieurs dont se sert le poète pour manifester cette puissance (malédiction, poignard), autant de procédés chers à la fois à Calderon et aux écrivains du drame fataliste allemand. Die Schuld est traversée de souffles âprement espagnols ; les passions y sont violentes et brutales, les idées sombres et superstitieuses, les actes sanglants ; la jalousie y apparaît sous les formes les plus convulsives, le « pundonor » y parle avec autorité. Les héros principaux, qui sont, du reste, Espagnols de Castille, sont plus ardents et plus farouches que les plus tragiques personnages de Calderon ; seule Jerta, de sang germanique, reste pure et noble au milieu de ce cauchemar qu'elle ne comprend pas. Le style même de ces drames, le mètre trochaïque trahissent une influence caldéronienne qui les domine et les pénètre, et se manifeste moins dans des imitations de détail que dans l'esprit de l'ensemble.

Les succès du drame fataliste, la voix autorisée des critiques et des poètes, les représentations des pièces de Calderon, tout contribue à prolonger cette crise d'enthousiasme. Le romantisme célèbre autour de Calderon ses derniers triomphes.

Lope de Vega resta dans l'ombre. Cependant c'est

Lopeque Uhland étudiait à Paris en 1810-11 K En 1817, une voix s'éleva pour protester contre les injustices de la nouvelle critique. Soden, qui n'était pas dans le camp romantique et qui se flattait de renouer les traditions critiques du xviir siècle, prit la défense du poète oublié ; dans un article de la Zeitung fur die élégante Welt (1817) % qui annonçait et préconisait une traduction de Lope en préparation, il se plaignit qu'on eût sacrifié à Galderon un poète si grand. On a reproché à Lope son irrégularité, et jusqu'à sa fécondité, Bouterwek même fut injuste à son égard : « Lope de Vega est incontestablement un des plus grands génies de toutes les nations des temps modernes. Aucun ne l'égale pour l'abondance de l'imagination, la richesse de l'invention et l'ardeur de la fantaisie, qui sont les qualités essentielles du poète. » Les irrégularités de son théâtre sont celles de son temps : il ne faut pas oublier que l'Aristarque de la scène espagnole était alors un savetier de Madrid. Sa fécondité est une preuve de l'énorme grandeur de son génie '. C'étaient le ton et les idées et les points de vue de la critique préromantique. D'autres écrivains se fâchaient contre la tyrannie des Schlegel et de Galderon. « Ces Schlegel, s'écrie J. Schreyvogel *, ils adorent le sauvage et fantastique Galderon et ne disent pas un mot d'Otway ^ »

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