‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 50 sur 108 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

lité sont conçus abstraitement et groupés suivant un certain système ; les idées de religion, d'honneur et d'amour y sont tout à fait abstraites. Leurs rapports sont considérés comme définitifs et arrêtés d'avance ; chaque cas particulier doit s'y plier. Voilà qui est bien commode pour le poète qui n'a plus dès lors à se préoccuper de l'analyse et de la peinture préalable de ces idées'.

Mais cette abstraction n'est pas ce qu'on a cru : la poésie espagnole ne cherche pas à magnifier des concepts aussi abstraits que l'honneur en général, la religion ou l'amour ; cette fausse interprétation a valu de nos jours à la littérature espagnole un enthousiasme qui ne lui revenait pas *. Ce qu'on y trouve, ce sont des lois sociales et bien précises, communes à tout un peuple ; cette communauté des idées générales est une des conditions essentielles de l'art. Tieck l'avait déjà affirmé dans la préface de son Alt-Englisches Theater ; Solger reprend ses théories sur la nationalité artistique et le conventionnalisme du grand drame espagnol. Cette simplicité de l'analyse, l'abondance de la langue, le dogmatisme du ton donnent à ce drame une allure épique, ou plutôt une tendance incertaine, tantôt épique et tantôt lyrique \ Le drame de Galderon sort donc des limites du genre ; aussi Solger a-t-il beaucoup de peine à l'enfermer dans ses définitions ; il ne condamne pourtant pas encore, mais ces restrictions valent déjà des critiques.

Sa pensée continue, grâce à une étude attentive du théâtre espagnol, à se développer, à la fois dans le

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