‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 53 sur 108 · Ibid., l, p. 683 (10 nov · texte numérisé non relu

Ibid., l, p. 683 (10 nov

Influences nouvelles 95

avec la vie, la réalité matérielle et grâce à Solger il admet sa valeur esthlétique ; désormais Shakespeare va grandir de tout ce que perd Calderon ; et Lope luimême dispute à Calderon la deuxième place.

C'est exactement à cette époque que Tieck se remet ardemment à l'étude des Espagnols. « Je lis beaucoup de Calderon et des poètes espagnols tant que je peux '. » Les idées qui s'éparpillent dans sa studieuse correspondance avec Solger ont une très frappante analogie avec celles de son ami. Solger insiste sur ce qu'il y a d'allégorique et de maniéré dans le théâtre de Calderon. La Sibylle de V Orient, écrit Tieck ^ « est absolument allégorique, et je me suis encore plus convaincu de ce caractère, depuis que j 'ai lu beaucoup de ses autos sacramentales, qui sont souvent d'une grande hauteur poétique, mais parfois aussi pleins d'arbitraire, et quelquefois, surtout dans les Loas, d'une allégorie grossière ou même enfantine. Calderon, dit-il encore, est « un parfait maniériste, et dans sa manière il reste grand et imperfectible ». Calderon est « le maniériste le plus achevé ■^— au sens favorable du mot — que je connaisse ; la nature, l'amour, la passion, la religion, et tous ces préjugés, grâce auxquels l'homme peut malgré toute sa raison rester homme, sont élevés au-dessus de leurs fondements naturels jusqu'à une gloire supérieure et ont, malgré leur caractère arbitraire, une admirable profondeur et une jeune ardeur, et par là se soumettent à un ordre de lois différentes, sinon supérieures '. » La pensée de Tieck n'est point claire, ni bien dite ; mais il faut voir ici l'influence de la terminologie et des théo-

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