Kr.Schr., I
4. Schriflen, t. XVIII. 76. Ailleurs (Krit. Schriflen, l, 328, 1817). Tieck déclare que le plus ancien théâtre naquit en Angleterre, où fleurissait pour la première fois une vraie et originale culture. « Presque aussi ancien, ajoute-t-il, est le théâtre espagnol. »
Le livre sur le théâtre espagnol lOi
possèdent une véritable scène nationale *. » Tout spectateur qui entre dans la salle reconnaît sans hésitation ce qu'il a devant lui. C'est un théâtre, dit encore Tieck, tout a fait localisé dans le temps et l'espace, et l'historien lui-même peut lire dans le drame espagnol la situation du peuple, ses rapports avec le roi et les prêtres ; le théâtre espagnol lui apparaît donc comme un excellent document historique. Est-ce influence de son ami Raumer ? Est-ce plutôt le développement logique de ses propres idées de 1811 et de la tradition générale du romantisme ? Les romantiques eurent le culte de tout ce qui est indigène et suivant la leçon de Herder, suivant aussi l'inspiration nationale qui souffla autour d'eux pendant les guerres de l'indépendance, ils se passionnèrent pour les originalités nationales des divers peuples. Tieck à son tour considère la littérature comme une image de la culture qui lui donne naissance, et s'intéresse à ce qu'elle a de caractéristique et d'irréductible. Chaque poésie a un esprit propre, qui domine, organise et pénètre toutes les œuvres ; le drame espagnol a aussi cette inspiration générale. « Les poètes, dit Tieck *, formèrent une école, et, quelle que fût la diversité des sujets : événements politiques, légendes, intrigues de cour, meurtres, miracles, histoire véritable, aventures comiques, tout était, du vivant de Lope déjà, soumis à une forme déterminée, qui ordonnait même les éléments les plus rebelles et les plus étranges, et qui lui donnait, grâce à son style conventionnel, une certaine grâce. » Lorsque ce théâtre devint poésie de cour, tout était déjà si fermement établi et consacré par la tradition et tant de grands talents, que le carac-