‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 59 sur 108 · IbiJ., II, p, 328 sq · texte numérisé non relu

IbiJ., II, p, 328 sq

loa L. Tieck et le Théâtre espagnol

tère de cette poésie ne subit aucune altération nouvelle. Le théâtre espagnol est donc un théâtre unique, tout plein de l'âme espagnole et de la vie même des temps qui l'ont créé.

Qu'est-ce qui caractérise ce drame ? C'est, dit Tieck, le conventionnel. Les sentiments généraux de l'humanité y prennent une teinte espagnole. « On est convenu, une fois pour toutes et définitivement de ce que sera la foi, la religion, l'hérésie, l'honneur, la royauté, l'esprit chevaleresque, la galanterie, l'amitié, l'amour, le caractère, la plaisanterie, la grâce, la nature même et les couleurs qu'il faut pour peindre la lumière, la mer, les fleurs, la montagne et les bois '. » La thèse ébauchée par Tieck dès 1811 et développée par Solger, s'affirme donc de nouveau. Mais le critique trouve désormais le rapport profond qui unit ce caractère du drame espagnol au tempérament national. Les héros de ce théâtre sont dominés et guidés par leurs préjugés sociaux, plus forts que tout, plus forts que l'humanité même, cette convention invariable, cette galanterie artificielle et cet artificiel sentiment d'honneur, des coutumes et un esprit de cour qui souvent choquent la nature *. L'élément conventionnel n'est point superficiel, mais s'unit intimement au ton fondamental. Tieck ne le condamne donc pas, mais il est manifeste qu'il aime mieux la belle et libre nature d'autres poètes. En tout cas, il s'accorde pleinement sur ce point avec Goethe, son maître.

Qu'a donc ce théâtre de plus que les autres scènes latines ? A côté de cette tradition rigoureuse, règne dans le drame espagnol la liberté la plus large. Aucune règle de vérité historique : tout, même l'antiquité la

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