‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 65 sur 108 · Nachgel. Schriften, I · texte numérisé non relu

Nachgel. Schriften, I

Jo8 L. Tieck et le Théâtre espagnol

tient Lope pour un grand poète \ pour un écrivain richement doué *, et surtout pour le créateur de la scène espagnole '. « Le théâtre espagnol fut fondé par Lope de Vega, presque aussitôt que le théâtre anglais. Ce grand poète a produit des œuvres dans presque tous les genres possibles. Des scènes de la vie bourgeoise, qui rappellent par leur conception le genre de Goldoni, les contes les plus étranges, des aventures héroïques, des événements politiques, des légendes religieuses, des aflaires de meurtre, des apparitions, des comédies où prédominent tantôt l'étude des caractères, tantôt l'intrigue, ici des passions, là des hasards singuliers, tout est d'une si surprenante diversité qu'on trouverait à peine des ressemblances entre ses pièces. * » Malgré tout, Lope n'est pas comparable à Shakespeare : « Je ne veux en aucune manière le mettre à côté de Shakespeare '. » On l'a nommé le Shakespeare espagnol ; c'est que probablement on ne sait pas tout ce qu'a d'original le poète britannique. Ce que Lope a de Shakespearien, c'est précisément ce qui est commun à toute l'époque. Les Allemands ont été, dans Shakespeare, surtout frappes de ce qui n'est pas conforme à l'art français : violation constante des trois unités % la passion, le mélange du tragique et du comique ; beaucoup n'ont pas d'autres critères. Tout cela se retrouve sans doute dans Lope, mais au fond, Lope et Shakespeare, la scène anglaise et la scène espagnole, sont diamétralement opposés. Tandis que Shakespeare en impose à Tieck par

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