‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 66 sur 108 · A>. Schr., IV, 182 sq · texte numérisé non relu

A>. Schr., IV, 182 sq

Le livre sur le théâtre espagnol 109

sa profondeur, ce qu'il admire le plus dans Lope, et ce qui lui semble manquer à Galderon, c'est précisément la grande naïveté ', ce qu'une note encore inédite appelle : Natur, Wahrheit, Gegenstândlichkeit. Tieck a rompu avec le mystique idéalisme, avec les beaux dédains d'une certaine école pour la réalité, et Lope lui offre un des plus admirables exemples de cet art vivant et pittoresque. Dès 1818, Tieck était donc arrivé à une conception que Grillparzer, son ennemi le plus ardent, ne devait énoncer que beaucoup plus tard '. Cette rencontre des deux antagonistes prouve que leurs esprits étaient moins inconciliablement opposés qu'ils l'ont cru. Tieck avait le sentiment et le goût de la saine et large nature, de la vie et de la réalité, mais ce fut une âme compliquée, où les tendances les plus contradictoires se supportèrent assez bien, et qui garda précieusement, à côté du réalisme nouvellement conquis, toutes sortes d'éléments de ses anciennes conceptions idéalistes, les anciens dieux dans le temple des nouveaux. De là, ses hésitations et ses réticences. 11 n'ose pas préférer expressément Lope de Vega ; non qu'il ait eu peur des partialités caldéroniennes des autres romantiques, mais parce que son propre goût ne savait prendre parti, ni condamner ce qu'il avait aimé.

Il rencontra Lope dans nombre de ses excursions à travers la littérature, et ne manquait guère l'occasion de manifester sa connaissance du poète espagnol. C'est ainsi qu'il citait les Autos de Lope», avec leurs Loas,le Niievo mundo^ qui n'a point su donner à ce sujet un

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