‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 68 sur 108 · Cf. Ges. i\ovellen,X, p · texte numérisé non relu

Cf. Ges. i\ovellen,X, p

3. Classés parmi les papiers inédits de Tieck de la Kônigliche Bibliothek de Berlin, Tieçks Nachlass, 9738, n" 13.

4. Cf. Grillparzer, Sâmmtl. Werke, t. XIII, p. 130 : « Très bonne pièce, sauf une scène, qui est malheureusement la scène principale de l'action. »

5. Grillparzer, Sa/nm/i. Werke, t. XHI, p. 139 (Los melindres de Belisa) n'aime pas davantage le caractère de Belisa, qu'il appelle une sotte entêtée, mais admire beaucoup les scènes où Jse manifeste sa pruderie."

Le livre sur le théâtre espagnol 1 1 1

du prisonnier et de son fils, ne produisent pas leur effet ; le dénouement n'est pas satisfaisant. Ce n'est pas une des meilleures pièces de Lope ; elle contient cependant des grands traits puisés dans la vie ordinaire. « Si on en excepte le début, elle est presque bâtie comme une nouvelle et a tout à fait le caractère nouvellistique » *. Nous n'avons malheureusement pas l'opinion de Tieck sur les meilleures comédies de Lope. Mais on peut conclure de ces fragments de critique que Tieck demandait au poète espagnol la vérité individuelle des caractères et l'intérêt dramatique des situations, une intrigue fortement construite. Lope lui apparaissait comme un génie mal éclairé *, peu instruit de l'art véritable et des lois mêmes du drame, mais puissant et extraordinairement doué, riche et varié, plus admirable par l'ensemble de ses œuvres que par la perfection de quelques-unes, grand poète, mais pauvre artiste.

Autour de Lope se groupent d'autres poètes dramatiques de valeur. Cervantes % si grand par ailleurs, ne fut pas un rival dangereux ; sa critique de Lope, quoique insuffisante, est intelligente, mais il ne put, comme d'autres, comme Ben Jonson, jeter dans la balance ses

1. Ibid., t. XIII, p. 53 sq. : « Le début est excellent. Personnes et événements sont individualisés. Une jalousie de femme dans la première scène, que Molière lui-même n'eût pas mieux écrite... A partir de là tout devient général et insignifiant. »

2. « L'Arte Niievo, dit Tieck, est la chose la plu&jnepte (das Abgeschmackteste) qu'il ait jamais écrite : trop drôle pour être prise au sérieux, trop raide pour être une plaisanterie. » Lope y célèbre Horace, Aristote et les règles qu'il admet, preuve qu'il n'avait pas conscience de sa propre grandeur : « Heureux fut-il que son génie ait dépassé ses idées, car il n'aurait dans cette voie, produit que les plus fades et les plus méprisables pièces de théâtre. » {Kr. Sçhriften, HI, 246 et Dram. Blâtter, t. II, p. 100.)

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