Krit. Sçhriften, IV, p
1 1 î L. Tieck et le Théâtre espagnol
propres œuvres théâtrales. Los Baiios de Argel^ qui est une des meilleures, manque de composition et d'art ! Des autres pièces, Tieck ne souffle mot.
Sur Montalvàn, Tieck n'a point dit sa pensée dans ses ouvrages critiques ; mais une note manuscrite témoigne de peu de sympathie. La pièce Como amante y como honrada est « prolixe, presque sentimentale ; le malentendu est poussé à l'extrême ; tout est développé jusqu'au bout ; et pourtant elle n'excite aucun intérêt, car on prévoit la solution à tout moment... ; ni naturel, ni vérité, ni poésie. Gomme nous sommes loin de Lope ! Gomme on se rapproche déjà terriblement de Galderon, mais sans trouver la délicatesse ni la langue de celuici ! »
Mira de Mescua n'est pas, comme le veut Bouterwek', un successeur et disciple de Galderon, car il était déjà connu et estimé au temps de Gervantes. G'est plutôt le contraire qui est vrai ; La Dévotion à la Croix a manifestement emprunté son plan et divers détails à YEsclavo del De?nonio ; des passages entiers ont été presque textuellement reproduits par Galderon.
Tirso de Molina ne semble guère avoir occupé notre critique ; il avait, dit-il, de bonne heure deviné que le Don Juan du théâtre des marionnettes n'est pas celui de Molière et des Italiens. Ge n'est que plus tard, quand il étendit ses lectures espagnoles, qu'il découvrit le véritable original dans Tirso *.
1. Kr.Schr.,ll, 80. En réalité, Bouterwek, Gesc/iic/ife der span. Poésie und Beredsamkeil, p. 531 est moins affirmatif que le déclare Tieck : « Il aima mieux la manière plus grossière de Lope que le genre plus délicat de Galderon. » Grillparzer, par contre, Sâmmtl. Werke, t. XIII, p. 63 fait expressément de Mira de Mescua un imitateur de Galderon, et de la pièce El esclavo del Demonio une imitation de la Devociàn de la Cruz.