Ces. Novellen, t. V, p
Le livre sur le théâtre espagnol ii3
Mais au centre de ses admirations espagnoles resta toujours Calderon. Tieck l'avait quelque temps aimé avec une exaltation exclusive ; toutes ses puissances de romantisme et d'idéal avaient trouvé dans la poésie de l'Espagnol une nierveilleuse expression, et il avait dressé Calderon sur le plus hautain pinacle de l'art, plus haut même que Cervantes et que Shakespeare. Mais lorsque ses yeux se rouvrirent au monde réel et que tombèrent presque soudain les voiles mystiques qui troublaient sa vision artistique, il admit enfin d'autres sympathies, et fit descendre Calderon de quelques degrés. A Solger il écrivait dès 1818 : « Cet esprit est une des plus singulières apparitions de la littérature'.» En 1822, ill'appelle le « délicat Calderon » ' ; en 1827 ; il déclare qu' « il est impossible de ne pas admirer la perfection de ses œuvres immortelles » ' ; en 1828, le poète espagnol est toujours « admirable » *.Mais les restrictions sont graves. 11 se demande parfois si Calderon est vraiment plus grand poète que Lope. « Papa, pouvait écrire Dorothée en 1822, n'aime plus Calderon comme autrefois '. » Et quand, en 1824, Tieck dénombre les plus grands poètes modernes, il cite : Camoëns, Cervantes, Dante, l'Arioste, Shakespeare et Goethe, et point Calderon \ Quand, en 1828, il essaie de définir l'idéal de l'art, il en exclut encore Calderon. La perfection absolue exige l'inspiration qui pénètre et saisit les réalités individuelles : « Dans cette sphère de la suprême perfection, Cal-