‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 72 sur 108 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Le livre sur le théâtre espagnol i i 5

n'en agit pas moins dans son théâtre comme la force profonde et secrète de la pensée *. »

Mais c'est précisément cette conception fatalistique de Galderon qai lui a valu la plupart de ses admirateurs. « Beaucoup exigent que l'esprit manifeste sa présence par des effets fantasmagoriques ; le divin, Dieu et la foi en Dieu doivent inspirer l'épouvante. » Cette intervention du ciel, cette puissance du destin ont été mises en scène par Galderon, et c'est là souvent ce qui fait sa grandeur. Cet élément du sentiment religieux apparaît dans beaucoup de légendes espagnoles, des histoires miraculeuses et les autos, où il arrive à sa perfection. Ce mystère énigmatique, cette horreur dans l'édification, cette angoisse et cette peur inexplicable du divin, deviennent prépondérants, et l'emportent trop facilement sur la sérénité, la paisible piété et la foi simple ; Tieck se demande si l'effet de ces horreurs n'est pas à la fin d' « obscurcir complètement le véritable sentiment religieux, et de le transformer en son contraire » '.

Cette erreur de l'inspiration caldéronienne a exercé sur son art une influence fâcheuse ; il est difficile de démêler le sublime du ridicule. «En Calderon s'unissent les deux éléments essentiels du drame espagnol : le sublime de ses allégories et le comique. Dans la plupart des cas, lorsqu'un poète comme Calderon s'empare d'un sujet, il les mêle et les fond ensemble intimement \ « Aussi n'a-t-il pas craint de reprendre les thèmes les plus absurdes de la fausse poésie chevaleresque, et d'agir ainsi à l'encontre des luttes fécondes de Cervan-

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