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Ibid., II

ii6 L. Tieck et le Théâtre espagnol

tes '■. Gomment tous ces défauts ont-ils pu échapper aux admirateurs de Calderon ? C'est qu'il est un merveilleux poète, un véritable poète lyrique. Ses héros et ses chevaliers vivent entourés d'une admirable musique : « Quels transports lyriques de la passion, de l'amour et de la piété dans ses romances ou ses strophes à forme de canzone ! Quels tableaux, quel feu de la narration dans ces liras, romances et octaves. Aucune pièce, presque aucun acte ne manque de ces morceaux d'apparat. Ces airs de bravoure appartiennent essentiellement au génie du drame espagnol, mais ils sont parfois trop froids et même ampoulés et arrivent, parfois consciemment, ailleurs sans le vouloir, à se parodier eux-mêmes ^. »

Peut-il y avoir, en dehors de l'opéra, un drame lyrique ? C'est un point, déclare Tieck, sur lequel on peut discuter longuement. En tout cas, beaucoup de pièces de Calderon se rapprochent peut-être du genre cherché '. Il y a même un excès de lyrisme ; quelques-uns de ses drames semblent des tranches de romans et de poèmes épiques. « Les trois sortes de poésie : lyrique, épique et dramatique ne sont distinguées absolument que par les esthéticiens ; elles peuvent se pénétrer et se confondre dans tous les genres, mais l'une doit constituer la base fondamentale *. » Cette réserve marque une rupture définitive avec l'idéal des jeunes années. Tieck avait appris de Solger à différencier les genres : le drame doit désormais être avant tout dramatique. La grandeur de Shakespeare est d'être un génie parfaitement dramatique ; le défaut essentiel de Calderon

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