‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 75 sur 108 · Dram. BlUtter · texte numérisé non relu

Dram. BlUtter

Le livre sur le théâtre espagnol 119

au tempérament espagnol est le trochée. C'est le « romance ))qui l'a naturalisé dans lalittérature espagnole. « Mais il n'y faut pas voir un mètre élégiaque comme chez les poètes allemands ; les « romances » espagnols sont en général courageux et violents ; le trochée est le mètre rapide et enthousiaste '. » Dans Cervantes luttent encore le trochée et l'iambe ; Lope a des vers iambiques de 11 syllabes ; on n'en trouve plus aucune trace dans Calderon ; Calderon offre la plus grande variété métrique ; ses rythmes sont admirables et caractéristiques : la stance est réservée aux descriptions magnifiques, la lira aux éclats de la passion ou aux tableaux de la nature, les sonnets aux antithèses, à des questions subtiles ou de profondes et bizarres réponses, le tercet est rare *. Ses trochées ont toujours beaucoup de douceur et une admirable harmonie.

Tieck s'est, en homme de théâtre, préoccupé de la déclamation du vers caldéronien. L'acteur, dit-il, doit respecter le trochée, mais il doit le dire, si possible, avec plus d'animation encore que le mètre de la conversation ordinaire. « Les récits, les longs discours de Calderon qui sont presque toujours assonances, doivent être débités avec la plus grande vivacité et rapidité, et, quand la scène l'exige, avec violence et passion ; c'est par là qu'on fait accepter la minutie de leur description, les parenthèses dans les parenthèses, les répétitions : ils peuvent, grâce au débit, atteindre à la plus grande beauté... Les trochées rimes, qui sont presque toujours tendres ou badins, spirituels et ingénieux, rarement

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