Krit. Schriflen, III
2. Dram. BUiller, I, 189 sq. A ce propos (p. 191) Tieck félicite G. Schlegel, Grics et Malsburg d'avoir traduit Calderon dans les mêmes rythmes qui lui sont propres, mais semble douter que ces mètres soient propres à la scène allemande.
I 20 L. Tieck et le Théâtre espagnol
passionnés peuvent être dits un peu plus lentement et avec plus de légèreté. Contenue, même lourde peut être la déclamation quand le poète choisit les stances ou le sonnet *. »
Tieck fut un lecteur admirable ; ce sont ici les règles même de son art qu'il nous donne. Il a certainement mieux compris que son temps le génie profond de la poésie espagnole, de la poésie caldéronienne en particulier ; il a jugé Galderon en poète autant qu'en critique, et c'est pour avoir cherché dans les formes extérieures du vers l'esprit qui les anime qu'il a pu pénétrer aussi intimement l'art de Galderon.
Tieck ne s'est pas borné à des considérations générales sur le théâtre du poète espagnol, mais il a distingué nombre de ses pièces et a donné sur elles des jugements personnels. Quelques-unes lui parurent hors de pair.
El Alcalde de Zalamea, qu'il connaît à la fois dans le texte et dans les traductions de Gries et de Malsburg, est une des pièces les plus remarquables de la scène espagnole *, une des plus nobles et des plus brillantes œuvres de Galderon '. Les Espagnols n'ont point l'imagination pervertie comme les Français ; ils ne s'offusquent, ni se troublent à la vue du nu et du naturel. « Tout ce qui est vraiment humain, ce que peuvent produire la misère et le désespoir, le malheur suprême, la passion grandiose et criminelle, la grandeur des offensés, rien de tout cela ne déplaît au cœur élevé de l'Espagnol, à condition que ce soit dit en belle et poétique langue *. » U Alcalde de Zalamea est une de ces nobles
1. Krit. Schr., IV, p. 49 sq. et Dram. Blâlter, t. III, p. 111,