Tiecks Nachlass
5. Geschichle der spanischen Poésie, etc., p. 533. La remarque de Tieck est dans ses Kr. Schr., II, p. 80.
Le livre sur le théâtre espagnol Jîî
noble, au contraire : c'est un pèlerinage des vertus religieuses contre le suicide, la volupté, etc. El ano santo de Madrid^ qui est à peu près de la même époque, est excellent ; un détail de l'organisation matérielle du théâtre le préoccupe à propos de cet auto. 11 y avait, dit-il, (c 4 Garros ; mais comment ? A côté ? Au-dessus l'un de l'autre ? Gomme Shakespeare ? »
El Santo rey don Fernando représente dans la première partie le supplice des Albigeois, qui apparaît ici comme chose sainte et naturelle ; la deuxième partie est presque une pièce héroïque. 11 y a peu d'allégorie, des traits vraiment grands, mais à la longue fatigants ; c'est plutôt une suite d'aventures que de la poésie ; tout y est particulier et arbitraire.
« Lasegunda esposa {y triunfar muriendo) ressemble aux mascarades anglaises ; la scène d'autrefois était certainement différente de celle de nos jours... »
El divine Orfeo est « d'une beauté extraordinaire ; l'allégorie y est grandiose ; la pièce est grandiose et profonde, ornée de la plus brillante poésie ». L'organisation du décor semble à Tieck « extrêmement remarquable » et du reste, il ne la comprend pas très bien. Quant à la Loa, « elle est stupidc. On ne saurait croire comment un grand génie peut tomber à l'occasion dans l'inepte... ' »
Les autres poètes espagnols se groupent autour, mais au-dessous de Galderon. Tieck connut un grand nombre de leurs ouvrages. G'est ainsi qu'il donne d'abondants renseignements sur la pièce Casarse par vengarse, que d'aucuns attribuent à Galderon, mais où il préfère voir l'œuvre de Rojas ; le style de Rojas se rapproche
1. Tout ce que dit ici le critique au sujet des autos est dans le Nàchliss de Berlin.
de celui de Galderon, mais il est plus verbeux et plus terne. « Cette tragédie a, dit-il, plus d'une ressemblance frappante avec Don Gutierre, qui lui est peut-être postérieur. La pièce est excellente, les péripéties et les coups de théâtre sont saisissants, la psychologie convaincante, et tout est si bien ordonné et mis en place par la subtile sagesse du poète qu'aucune des imitations ultérieures (inspirées du reste par Gil Blas) ne saurait se mesurer avec elle '. »
A propos de Lesage encore, Tieck rappelle El desdén con el desdén de Moreto, « pièce célèbre, pénétrante et charmante » *. Notre érudit cite en outre de Moreto Todo es enredo amor ^ et No puede ser *. Primero es la honra « débute, dit une note manuscrite, comme Giistos y disgustos de Galderon; mais est moins ingénieuse, moins poétique, et plus terne ». Tieck le comparerait plutôt à Emilia Galotti. En tout cas, ce n'est « qu'une ombre à côté de la pièce de Galderon » ^
Solis est dans YAlcdçar del secreto trop ingénieux et peu personnel : ce sont les éléments traditionnels de la scène espagnole : jalousie, confusions, va-et-vient fatigant des personnages, etc. \ Amparar al enemigo est dans le style de Galderon ; Solis « retourne à l'antique naïveté ; les personnages sont souvent grossiers, la langue, médiocre et bouffonne, les caractères n'existent pas ». Une grande partie de la pièce est dans la manière des nouvelles '.