Ibid
1 a6 L. Tieck et le Théâtre espagnol
avec assurance affirmer que ni Racine, ni Shakespeare ne pourront jamais transformer la scène espagnole, parce qu'elle est solidement établie sur les besoins et la pensée du peuple '. » Tieck revient encore la même année sur cette bienheureuse réaction de l'Espagne. « Le goût pour la poésie nationale ne put être anéanti et trouva ses défenseurs, parmi lesquels se sont élevées de nos jours les voix les plus bruyantes, de sorte qu'il va renverser à son tour la pédantesque admiration de l'étranger *. »
Le théâtre espagnol de la grande époque lui semble donc l'expression la plus vaste et la plus adéquate de l'âme espagnole, de tout ce qu'il y a dans cette race d'original et d'excessif, de raisonnable et de poétique, de naturel et de grand. Par là il participe de tous les défauts de ce peuple ; mais par là aussi il est rebelle à toute imitation ; Tieck reconnaît volontiers la valeur littéraire de ce drame ; mais ne croit pas qu'on puisse l'acclimater en Allemagne.
En érudit informé, Tieck découvre des traces de ce théâtre dans l'Allemagne du xvii* siècle ; les Marionnettes qui vinrent d'Angleterre par les Pays-Bas appor-