‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 83 sur 108 · Dram. Blâtter · texte numérisé non relu

Dram. Blâtter

Le livre sur le théâtre espagnol 119

niement que le poète espagnol faisait subir aux légendes religieuses leur donnait une véritable valeur artistique. C'est ce que les modernes n'ont point su discerner : ils ont imité les thèmes et les procédés de Calderon, sans pénétrer son esprit, ni retrouver la beauté de sa langue *.

On a cru faire assez en chassant la prose du théâtre ; on a, depuis le Shakespeare et le Calderon de G. Schlegel, tenté de créer un drame lyrique, où se donnent libre carrière toutes sortes de mètres et toutes sortes de rythmes : trochée, stance, espinelle, romance, canzone, lira. ïicck lui-même a sa part de responsabilité dans cet engouement. « J'ai cru, disait-il à la fin de sa carrière, que nous devions nous donner la peine, d'imiter les vers de la comédie espagnole. » Les excès de ses disciples l'empêchent de s'en féliciter.

Drame fataliste, drame religieux, métrique espagnole, autant d'erreurs, et d'erreurs dangereuses. Au nom de quoi a été faite la réforme littéraire au début du siècle ? au nom du sentiment national. Guerre à ce qui n'est pas allemand, fut le cri unanime de la nouvelle école. Eh bien, la littérature moderne, affirme ïieck, n'a rien d'allemand : « Elle est, par un détour, retournée à cette gallomanie, à une gallomanie pire que celle dont Lessing avait délivré la scène : la gallomanie de l'emphase, de l'artificiel, de l'impossible et de l'irraisonné, de la froide convention et de la barbarie » ; voilà ce qu'une érudition insuffisante a été chercher chez les Espagnols *. Ce qu'on a été emprunter à Calderon, « c'est ce qu'il a d'étrange, d'exotique, ce qui n'est pas allemand, ce qu'on ne comprenait pas, et c'est, cela

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