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l56 L. Tieck et le Théâtre espagnol
même qui exerce le charme le plus dangereux dans une âme qui s'éveille » '.
Faut-il répudier Galderon? Non ', certes, mais qu'on représente ses pièces et laisse là l'imitation. Les Allemands ne le comprendront jamais qu'imparfaitement. L'homme du Nord a pour faculté essentielle la raison, le Méridional, l'imagination. « Ce qui est pour l'Espagnol la véritable poésie et le véritable drame est si loin de nous qu'il faut d'abord s'y familiariser et que, malgré tout, nous ne cesserons pas de nous étonner ^ »
Quoi qu'on en ait dit, le caractère fondamental de l'Allemand n'est pas d'être cosmopolite, de tout comprendre, de tout accepter, de tout imiter. Cette universalité diminue l'Allemagne et ruine son théâtre. « Qu'on tienne compte, si l'on veut, des leçons étrangères ; qu'on mette à la base Shakespeare, puis étudions Gœthe, Schrœder, Schiller, les Anglais, les Italiens, les Français et même les Espagnols, mais avec circonspection et discrétion *. » Et qu'on étudie sérieusement les œuvres étrangères : « De progrès dans la connaissance des littératures méridionales, je n'en vois aucune trace... Tous veulent dire leur mot, il est vrai ; chaque petit enfant nomme et critique des auteurs, même les plus difficiles, et qu'il n'a jamais lus ^ » Ce n'est pas ainsi qu'une influence devient féconde. Indépendance de goût, compétence, largeur d'esprit, tout manque aux Allemands pour comprendre Galderon.
Tieck jugea donc bon de faire d'abord l'éducation du