‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 85 sur 108 · Ibid., IV · texte numérisé non relu

Ibid., IV

5. Lettre à Gries. Weimarisçhes Jahrbuçh, etc. Ans dem Leben von J. D. Gries, p. 206 sq. (28 août 1828).

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public. 11 élova la lecture à la hauteur d'un art véritable. Ces séances de Dresde, où se donnait rendez-vous une société choisie et presque cosmopolite, sont curieuses à revivre. « A sept heures précises, dit une auditrice ',il donna le signal à sa vieille Friederike... Tieck était assis dans son fauteuil... Un silence inquiet, toutes les respirations retenues dans la chambre. Que va-t-il lire aujourd'hui ? Un de ces Henri de Shakespeare qui vous remuent les nerfs ? Le terrible Richard III, ou bien ses Espagnols qu'il aime tant ? Le Secret public ou le Juge de Zalamea ? Ces points d'interrogation pleins d'angoisse étaient sur les physionomies de tous les habitués, et tout près, à l'ordinaire, d'un franc point d'exclamation : si ce pouvait être une courte comédie ! Et lorsque Tieck disait de son admirable et pleine voix : Der Richter von Zalamea, Drama aus dem Spanischen des Galderon..., les initiés retomtaient avec des soupirs secrets et des mines résignées et innocentes dans la position la plus patiente et la plus commode possible... Mais si la voix disait entre les deux lumières : Der zerbrochene Krug ou Minna von Barnhelm, il passait dans la salle un soupir de soulagement. » Galderon, le Galderon des lectures de Tieck, ne semble pas avoir un succès indiscuté. Helmina de Ghézy partageait les appréhensions et les répugnances de Karoline Bauer. « Avec Galderon, par contre, dit son biographe, Tieck ne réussit pas très brillamment. Le poète espagnol ne lui offrait pas le champ où pouvait se développer sa maîtrise... Les ténias trochaïques du poète espagnol ruinaient tout l'art de sa déclamation, et comme Tieck gardait aussi pour Galderon son habitude

1. Karoline Bauer, Verschollene Hersensgeschichten. Naçhgel. Memoiren, bearb. von. A. Wellner, t. III, Berl., 1881, p. 474.

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de ne jamais donner le nom du personnage qui parlait, il avait beau faire, on ne savait bientôt plus si c'étaient Alvaro, Ruiz, Inès, Laura ou le prince qu'il faisait parler. Les soirées Galderon n'étaient donc pas amusantes ; en été, ce devenait même une torture... Pendant que Tieck faisait sa lecture, rien ne devait bouger... Il n'y avait pour Helmina rien de plus terrible que de se tenir tranquille... Wilhelm, qui donnait l'exemple de l'auditeur modèle, était le grand favori \ 11 ne bougeait pas, même pas, pendant un soir d'été, dans le bain artistique des trochées d'une tragédie mystique... Fort heureusement, Galderon n'avait pas souvent son tour; c'était toujours par complaisance pour Malsburg... Un soir après la lecture d'une pièce de Galderon, Malsburg dit à Wilhelm: « Mon bonhomme, tu as tenu bon comme le Prince constant lui-même. Et pourtant il n'est pas possible que tu aies tout compris. Est-ce que tu t'amuses beaucoup? — J'aurais mieux aimé le Chat Botté, laissa échapper l'enfant. «

Gependant tout le monde ne détestait pas au même point Galderon. Garus aimait entendre lire et relire la Vie est un songe. « J'ai de nouveau ressenti une véritable adoration devant cette pièce *. »

En 1840, Bettina von Arnim et Karoline Bauer vont écouter la Dame Kobold et Bettina admirait la plénitude et la force, la sonorité et la souplesse de la voix et de l'action. « G'était ce que j'avais entendu de plus parfait... J'avoue, disait-elle encore, que j'ai appris ici pour la première fois à comprendre la comédie de Galderon '. » En 1843, Tieck lisait encore la Dame Ko-

1. W. Ghézy, Helmina. und ihre Sôhne, SchafThausen, I, p. 191 sq.

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