Holtei, I, p. 259 (29 mai
Le livre sur le théâtre espagnol i39
de Philippe IV : Ce n'est que dans les comédies familières qu'ils apparaissent librement sous cet aspect. Pourquoi ne pas leur donner accès à la scène allemande ' ? Abus des mêmes motifs, manière, modernité de ses personnages, autant de critiques de Tieck et de Solger, qui se sont transmises à Gries, et s'accordent avec celles de Gœthe.
Goethe dit, dans son Kunst und Altertum (1822), que Calderon veut voir la nature. Il est, dit-il, absolument théâtral, fait pour les planches ; dans ses pièces, aucune illusion : c'est la technique de nos opéras comiques ; les motifs principaux sont toujours les mêmes. Les sentiments,situations, événements doivent être remaniés,préparés, sublimés pour être du domaine de cet art ; c'est ainsi qu'ils sont dans Calderon. Le poète se trouve au seuil de Thyperculture ; il donne une quintessence de l'humanité. « Shakespeare nous présente la grappe pleine et mûre et fraîchement cueillie ; chacun de nous peut à son gré la manger grain par grain, la pressurer, la boire comme moût ou comme vin fait : de toute façon, nous en éprouvons du bien-être. Chez Calderon au contraire, rien n'est laissé au choix ou à la volonté du spectateur ; nous recevons l'esprit de vin distillé, rectifié au dernier point, relevé avec des épices, adouci avec du sucre ; il faut avaler la liqueur telle qu'elle est, comme excitant savoureux et délicieux, ou la refuser *. ))
Il déplorait grandement l'influence de Calderon :