Holtei, Briefe, I, 259, sq
2. Kunst und Altertum, t. 111, fasc. 3, p. 128 (1822): Ûber Càlderons Tochler der Lufl. Voir les autres jugements de Gœthe, analogues en somme à celui-ci, dans l'article déjà cité de K. Wollf, Gœthe-Jahrhnch, 1913, p. 133 sq.
140 L. Tieck et le Théâtre espaj^nol
« Combien d'Allemands de mérite n'ont-ils pas succombé sous l'influence de Galderon '. »
Gœthe professait une vive estime pour Tieck, dont il regrettait d'avoir été séparé par des querelles d'école ; des amis communs apportaient volontiers à Gœthe les échos des lectures et des entretiens de Dresde ; Tieck, à son tour, puisait des inspirations auprès du maître vénéré ; il est difficile de déterminer quel est celui qui a précédé, quel est celui qui a suivi ; n'y a-t-il pas eu une de ces mystérieuses rencontres d'évolutions non parallèles, qui rapprochent Tieck des plus grands ? Quoi qu'il en soit, il est certain que Solger, dans ses articles, et Tieck, surtout dans sa correspondance, avaient donné l'exemple des admirations caldéroniennes et des restrictions, restrictions au nom de la nature, de la puissance dramatique, de l'art sain et naïf de Shakespeare. La réaction de Tieck était longuement préparée par le développement nouveau de son talent, ses amitiés, la direction de ses études et ses théories anciennes. Ghez Gœthe, la volte-face, explicable du reste par sa propre nature, est plus brusque. En tout cas, il semble probable que les critiques adressées à Galderon par l'un et l'autre poète eussent été moins fermes et moins nettes si elles n'eussent répondu à un état d'âme qui commençait à s'imposer et dont ils furent les plus brillants interprètes.
L'influence de Tieck se prolongea jusque dans les tempéraments les plus disparates. Alex, von Humboldt admirait, sur la foi de son ami, « le plus profond connaisseur de toutes les littératures dramatiques », les mètres et les descriptions de la nature, les allégories et l'éclat de Galderon ^ Les idées de Platen sur Galderon sont en