Vorberieht, dans les Schriften, t. I, p. XXXIX
Le théâtre espagnol et les Nouvelles de Tieck
TiECK vécut, dès 1815, plus volontiers parmi les livres que parmi les hommes. Ses nouvelles, qui sont les seules productions poétiques de sa maturité, ont gardé la trace de ce commerce. Dans sa lutte contre le faux romantisme et les travers de son temps, le poète requiert toutes sortes de collaborations. Les Anglais, les nouvellistes français, les picaresques aident son imagination. Le théâtre espagnol vient à son tour lui fournir des motifs, des procédés de style, des problèmes et des caractères.
C'est certainement à Lope de Vega que Tieck doit l'idée de son hôpital de fous. Die Reisenden (1822) nous introduisent en effet dans une maison d'aliénés comme Los Locos de Valencia ; Tieck n'était pas loin de penser que « tout homme peut être pris pour un fou, si on se met à le regarder pour tel » *. Et c'est ainsi que dans une autre nouvelle : Eine Sommerreise, l'un des héros est enfermé toute une nuit comme un véritable dément, et n'est libéré qu'à grand'peine. Le personnage principal de ses Reisenden est aussi pris pour un autre, interné, et ne peut, malgré ses dénégations, convaincre le