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4. Le sujet a quelque parenté avec celui de : La Praeba de los ingénias, du même auteur.

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connu, grâce aux intrigues de son valet, par le comte Ludovico, et le mariage a lieu sans autres accidents. Dans la nouvelle de Tieck, il y a de même un amour secret entre Edmund, le secrétaire du comte Seestern, et la jeune comtesse Elisabeth ; il y a aussi des résistances terribles, de la part du comte ; on peut même s'attendre un moment à découvrir au jeune homme, comme à Teodoro, toute une ascendance aristocratique ; mais sa naissance bourgeoise est confirmée ; et pourtant, par un héroïque effort, le comte rompt avec ses préjugés et unit les deux fiancés ; même situation, même péripétie, même dénouement. Rien de plus opposé cependant que l'esprit des deux poètes. Tandis que Teodoro partage son cœur entre Marcela et Diana, et qu'il ne se retourne vers Diana que par ambition, Edmund Frimann, au contraire, est une nature noble, ardente, fidèle et désintéressée, toute prête aux derniers sacrifices. Teodoro accepte fort bien la tromperie qui le fait passer pour le fils d'un étranger, et par là toute la portée du problème s'évanouit. Le problème, au contraire, s'impose avec force chez Tieck ; Frimann est de bonne et brave bourgeoisie ; le comte voudra-t-il faire de lui son gendre ; c'est dans l'âme du vieillard que se livre une lutte mortelle entre ses préjugés nobiliaires et ses sentiments de père et d'ami. La nouvelle de Tieck a donc emprunté à Lope de Vega les éléments d'une intrigue ; mais ses personnages et la thèse tout entière sont d'une conception proprement allemande.

Der Jahrmarkt (1831) nous transporte, comme Las Ferias de Madrid^ au milieu de la foire populaire, où s'agitent et se croisent toutes sortes de travers et de vices, et où Tieck a inséré, au lieu des intrigues d'amour, les fourberies d'une bande de pi'caros organisés et insaisissables. Mais la scène a été située en Allema-

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gne, hommes et choses sont également modernes, et le poète a pu déployer dans ce cadre emprunté toute l'originalité de son talent et sa connaissance du monde.

Die Glocke von Aragon (1838) est à peine une nouvelle ; c'est, en quelques pages, la discussion de la légende espagnole et de ses sources historiques, puis un long poème, écrit dans le style et le rythme des romances, qui conte le règne du roi Ramiro et l'exemple sanglant qu'il fit pour s'imposer. L'événement avait, comme le signale Tieck lui-même, été déjà mis sur la scène par Lope de Vega, dans sa Campana de Aragon. Il y a fort peu de différences entre la légende de Tieck et celle de Lope, Tieck remonte plus haut jusqu'à Don Sancho et Pedro, n'insiste pas sur les sacrilèges d'Alfonso, fait cacher Ramiro, non sous le lit, mais au-dessus du lit. La suite de l'histoire est à peu près exactement identique chez Tieck et chez Lope ; Ramiro, méprisé de ses vassaux pour son humilité et sa faiblesse, demande conseil à son abbé, qui descend dans le jardin et, de sa canne, abat les fleurs les plus hautes ; Ramiro suit cet avis, et fait décapiter les plus turbulents et les plus dangereux de ses sujets '.

Ce ne sont pas seulement des situations que Tieck a prises à Lope, mais surtout des types humains, des caractères. C'est ainsi que Der Jiinge Tischlcrmeisier (ébauché, il est vrai, en 1795, mais terminé en 1819 seulement et publié en 1836), célèbre les conditions moyennes, la noblesse des métiers manuels et la fière modestie du bourgeois : Leonhardt s'y montre le digne fils du Mendo espagnol, qui déclarait dans El sabio en su casa :

1. Voir Ges. Novellen, t. X, p. 350, où Tieck fait allusion à la pièce de Lope.

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El que naciô para humilde Mal puede ser caballero, Mi padre quiere morir, Leonardo,como naciô; Carbonero me engendré ; Labrador quiero morir '...

C'est la psychologie du paysan dans Ei Villano en su rincôn, qui ne veut pas aller voir Paris, ni la cour, ni se séparer de la profession qu'il aime et vénère *, A part cette ressemblance des caractères, il y a peu de points communs entre le Tischlermeister et El sabio en su casa ou le Villano en su rincôn ; de même que Lope revient volontiers à cet éloge de Vaitrea mediocritas^ Tieck, poussé par les préoccupations de son temps, montre ailleurs la vanité des aristocraties héréditaires et la noblesse des bonnes bourgeoisies.

La quinta de Florencia, imitée de Bandello, représente un jeune et brillant seigneur amoureux d'une statue de Vénus ; Tieck a parodié cette situation dans sa Vogelscheuche, où Ophelia s'amourache de l'épouvantail fabriqué par son père, où l'épouvantail s'anime et, après bien des aventures épouse la fille d'Ambrosius \

Dans Eigeîisinn und Laune (1835), l'héroïne est une sorte de M"" Bovary avant la lettre, dont le prototype n'est pas rare chez le poète espagnol. La dama melindrosa, Los milagros del desprecio, nombre de comédies

i. Comedias, in-4°, Madrid, 1615, t. VI, fol. 117. Cf. El rey Bamba, Garcia del Castenar (Rojas).

2. Sur l'amour de la vie simple et désenchantée chez les personnages de Lope, V. Farinelli, Grillparzer und Lope de Vega, p. 286 sq.

3. Ges.Nov., t. XIII et XIV. L'auteur (ibid., t. XIII, p. 3fi) compare lui-même l'épouvantail de sa Vogelscheuche avec l'Achille du .1fôns<r«o de los Jardines. et. une fantaisie du même genre dans: El marmolde Felisardo, de Lope.

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de Lope montrent ces mêmes types de femmes prudes et ardentes, difficiles et audacieuses et que la logique de leur tempérament mènerait droit à la honte des déclassées '. La Vitloria Accorombona affirme plus hautement encore cet idéal de femme supérieure, énergique et passionnée, que représentent les héroïnes du théâtre de Lope. Eigensinn und Laune met au jour les dangers de ce féminisme capricieux, l'impuissance et l'inconsistance des sentiments irraisonnés, et les conséquences sociales d'une conduite irrégulière et tourmentée. Gomme la Belisa de Lope s'éprend d'un esclave, qui est heureusement un gentilhomme déguisé, la coquette Emmeline s'amourache de son cocher, qu'elle n'épouse du reste pas ; ses autres aventures dérivent de cette déception sentimentale et en tirent implacablement toutes les conséquences. Tieck n'était point, comme Lope, débordant d'indulgence pour les faiblesses du cœur. Le romantisme du sentiment devait, à son sens, être rigoureusement condamné dans la vie pratique ; la société a le droit de frapper les membres qui ne sont pas sains et dont la contagion est dangereuse.

Pourtant Tieck garda toute sa vie ses rêves et ses penchants romantiques, c'est pourquoi il resta toute sa vie fidèle à Galderon. 11 ne lui a pas emprunté de thème proprement dit. Cependant son imagination était trop pleine des héros et des aventures de Galderon pour qu'il n'en restât pas quelque chose dans ses œuvres originales.

Der Geheimnisvolie {iS21) introduit un jeune cavalier qui, précipité de cheval, est apporté sans connaissance dans une famille hospitalière, où l'attend l'amour d'une jeune fille ; c'est précisément un motif préféré de Galde-

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