LE PROBLÈME DE LA GÉNÉRATION AGAME
trayant certes, mais combien obscur encore, car, il faut en convenir, nos connaissances actuelles, même dans les cas les mieux étudiés, sont trop fragmentaires et trop imprécises pour conduire à des conclusions certaines.
Il semble cependant qu'on soit autorisé à dire sans risquer de commettre une grosse erreur, qu'un organisme capable de reproduction asexuée entre en propagation, d'une part quand les conditions offertes par le milieu ambiant sont très favorables à sa vie et permettent, par conséquent, d’une façon durable une nutrition abondante, une croissance rapide et une vie large; d'autre part quand elles deviennent défavorables : élévation ou abaissement exagéré de la température, altération quantitative et quahtative de Falimentation, changements dans la composition physique et chimique du milieu, etc. Cependant, le mode de reproduction n'est généralement pas le même dans ces deux alternatives opposées. Dans la première c'est la prolifération par division qui intervient, ou, chez les animaux coloniaux, le bourgeonnement ; dans la seconde, ce sera la sporulation, la formation de gemmules, d'hibernacula, de bourgeons d'hiver, etc ; 1l apparaît donc que tantôt c’est l'accroissement de l’organisme, sa pléthore, si cette comparaison est permise, qui provoque sa prolifération, tantôt c'est, au contraire, le ralentissement de son métabolisme ', son état de dépression, sa réduction de taille et d'activité.
Or, nous avons ramené plus haut à un fait fonda-
!{ On appelle métabolisme tout ce qui constitue le travail intime de la cellule, qu’il s'agisse de processus constructifs, c’est-à-dire de synthèse et d'élaboration, ou de processus destructifs, c’est-à-dire de formation de déchets.
mental unique tout le problème physiologique de la génération asexuée. Comment sortir de ce paradoxe apparent, que des causes diamétralement opposées aboutissent à des résultats identiques dans leur essence, malgré de légères nuances de détails ?
La réponse à cette question est malaisée, mais à défaut d'une explication complète, on peut dès maintenant poser avec sûreté des jalons sur la voie où il convient de la chercher. Disons tout de suite qu'elle est basée sur la conception que se font la plupartdes biologistes modernes, du fonctionnement physiologique des organismes et de l'étroite association de leurs parties constituantes en un tout harmonieux.
C'est un savant américain, CG. M. Cup (1911), qui a, récemment, fait la plus heureuse application de cette idée au problème de la propagation des organismes, et si dans ses travaux il est des considérations sur lesquelles des réserves sont encore nécessaires, les points de vue qu'il a développés n en sont pas moins féconds et ils seront le fondement des considérations qui vont suivre. Si nous limitons ces dernières au règne animal en passant sous silence le règne végétal auquel elles sont pourtant tout aussi applicables, c’est uniquement pour ne pas surcharger ce livre de digressions qui nous entraîneraient très loin et dont le profit serait assez mince ".
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1 Il ne faut pas croire, en effet, que le règne végétal soit à la base du règne animal. Ils ont naturellement un fonds commun puisque dans tous deux l’élément fondamental est la cellule vivante, mais en dehors de cela, chacun d’eux doit être étudié à part En ce qui concerne spécialement les phénomènes de reproduction, le mode agame et le mode sexuel existent dans les deux règnes: c'est là le fond commun ; mais les aspects sous lesquels ils se manifestent sont parfois très différents, ct dans là majorité des cas ils ne sont ni plus simples, ni plus primitifs chez les végétaux que chez les animaux.