L'ISOLEMENT PHYSIOLOGIQUE DES PARTIES
En second lieu, l'isolenrent physiologique des parties sera encore réalisable si les corrélations, et spécialement les corrélations dominantes, sont diminuées ou annihilées par des conditions de vie défavorables pour l'organisme et ralentissant son activité vitale. Dans ce cas, les éléments de cet organisme qui ont le moins subi l’empreinte de leurs corrélations, qui sont restés les plus jeunes, pourront récupérer leurs propriétés totales. Si elles n’y réussissent pas, à la mort de l'organisme elles mourront les dernières, mais si, une fois libérées elles continuent à vivre, ce sont elles qui formeront les spores, les gemmules, les statoblastes, les bourgeons d'hiver, etc. N'avons-nous pas vu, en effet, que toutes ces formations sont accompagnées ou plulôt précédées de phénomènes de régression souvent très marqués dans l'individu où elles prennent naissance? Les Spongiaires (H.-V. Wicson, K. Müzrer) et les Tuniciers (GaurLery) nous fournissent de frappants exemples de dégénérescence hibernale d'une grande partie du corps, suivie d’une énergique reproduction agame dès que les conditions extérieures redeviennent favorables. Hérouarp (1913) nous a fait récemment connaître le cas curieux d’un Cœlentéré dont le Scyphistome, vers la miaoût, entre en état de dépression et montre les signes d’une mort prochaine, en même temps que certains de ses tentacules se détachent, forment de petites planulas qui se fixent et constituent de nouveaux Scyphistomes.
La notion de l'isolement physiologique apparaît déjà, d'après ce que nous venons de dire, comme une interprétation très plausible de ce que révèle l'observation pure et simple des animaux dans la nature. Néanmoins, les résultats de l'intervention expérimentale sont bien plus probants ; nous n'en citerons que quelques-uns qui n’exi-
L'œuf 3
gent pas, pour être bien compris, de connaissances ana-" tomiques ou zoologiques trop étendues.
Quand on coupe en plusieurs morceaux une hydre,* un ver, ou comme l'a fait Drussen une Claveline, chacunk de ces morceaux après s'être cicatrisé, reforme une hydre,s un ver ou une Claveline. On dit alors qu'il y a régénéra-« tion, mais ilest clair que celle-ci ne diffère de la généra-n tion par division que parce que l'isolement des morceaux! a été mécanique et brutal. Il en estde même si à l’exemples de Cauzcery (1895) on décapite une colonie de Tuni-» ciers. Circinalium par exemple, en ne laissant des individus que leur postabdorren. Au bout de peu de temps, la colonie se reconstitue grâce à un bourgeonnement qe part de la surface de section. ?
L'action mécanique, ici, aboutit à des résultats iden4 tiques à ceux que la nature réalise lorsque l'hiver, sous* l'influence du froid et de mauvaises conditions générales, k les têtes des colonies de Circinalium se flétrissent,! s’histolysent et meurent. Qu'il soit rapide ou lent, mécanique où physiologique, l'isolement est toujours suivi d'une récupération, par la partie restante, d'un complexe. dé: potentialités que rien ne pouvait faire soupçonner. } Lecas des Eponges n’est pas moins suggestif. Nous sam vons déj? qu'en hiver et dans d’autres conditions encore! mal déterminées, Eponge s’atrophie, dégénère dans “4 parties les plus différenciées, tandis que les cellules plus” . banales du parenchyme, les archéocytes, forment des gemmules où dés réducties. Or, tandis que dans la nature ce” processus ne s'effectue que lentement et progressivement, | l’expérimentateur peut le réaliser brusquement. Que F (e] 1 broie: entre les doigts une Eponge, où qu'on là passe-en:… l'écrasant à travers un fin tamis (H.-V. Wiisow), où voit