SIGNIFICATION DE L'ÉNERGIDE SPERMATIQUE
aucune influence sur la fécondation proprement dite et ne modifie en rien le développement de l'embryon.
L'importance considérable que nous avons attribuée à l'énergide spermatique, dans les pages qui précèdent,
Fig. 21. — Disque germinatif d'un œuf de Reptile en segmentation vu de face. Au centre, les noyaux de segmentation en mitose ; à la périphérie les noyaux spermatiques accessoires sont représentés par des points noirs.
(D’après A. Nicoras.)
nous oblige à étudier d’un peu plus près sa constitution. Morphologiquement elle apparaît comme un aster, c'està-dire une irradiation du protoplasme centrée sur un corpuscule souvent bien visible, accolé au pronucleus mâle. Elle est donc, par sa structure, tout à fait analogue aux asters qui apparaissent à ou division ee Mais elle en diffère néanmoins beaucoup par sa signification ; l'énergide spermatique est un as{er de re et nul
SE de division.
Il va de soi, néanmoins, que l'origine d'un aster, quel £
qu'il soit, soulève les mêmes questions de cytologie géné-"
rale. Nous nous sommes borné à dire au cours de notre exposé que le cytoplasme s'irradie et ce mot rend bien“
l'aspect de l’image observée sous le microscope. Les histo-« logistes ont longuement discuté sur la nature de cette
irradiation : s'agit-il de la formation de véritables fibres, «
ou d’une orientation radiaire des trabécules dont le proto-
plasme, selon certains, serait composé ? Les rayons ne sont-ils pas plutôt l'expression de courants plasmatiques
ou de lignes de force analogues à celles que l’aimant trace dans la limaille de fer ; ou encore ne sont-ils pas dus à
une coagulation des colloïdes du cytoplasme, partie d’un «
centre et s’irradiant dans tous les sens ?
Nous renvoyons pour l'examen critique et la réponse qu'il convient de faire à ces questions, aux livres de Hexwecuy et de Deracs, et aussi à l’article plus récent ettrès richement documenté que Prenant (1910) y a consacré. Personnellement nous sommes aussi d'avis, qu'il
faut abandonner l'idée de fibres ou de filaments réels”
comme n'étant qu'une illusion créée par les réactifs de laboratoire, et nous nous rallions plus volontiers à la dernière des éventualités énumérées ci-dessus. Les recherches
modernes mettent de plus en plus en lumière le rôle capi-
tal que jouent les colloïdes dans la vie des cellules et des
organismes ; presque tous les cytologistes admettent au- «
jourd'hui que le protoplasme pur, c'est-à-dire indifférencié n'a pas une « structure », mais est un mélange de substances dont beaucoup, sinon la plupart, sont en état
de suspension colloïdale ; l'apparition et la disparition
rythmique des asters s'expliquerait aisément par des coa- *
gulations et des liquéfactions de colloïdes, tandis qu’on a :