‹ L'uf et les facteurs de l'ontogénèseChapitre 32 sur 141 · IMPORTANCE DU MILIEU · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DU MILIEU

gressive d’un organisme nouveau. Tels sont, rappelés en quelques mots, les faits, en apparence pleins de mystère, dont la science demande l'analyse explicative.

Nous avons dit aussi, et c’est ce point que nous allons traiter tout d’abord, qu'il faut, pour qu'un développement commence et se poursuive régulièrement, que l'œuf qui en sera le siège soit dans des conditions de milieu extérieur adéquates. Il est évident dès lors, que pour l'étude des causes et des facteurs de ce développement, l'intervention expérimentale consistera à modifier soit le milieu, soit l'objet qui s’y trouve. On emploiera l’une ou l’autre de ces deux méthodes selon le but à atteindre, mais nous dirons tout de suite que pour la solution des questions qui nous intéressent 1c1, ilest beaucoup plus fructueux d'agir sur l'élément sexuel lui-même. Dans la majorité des expériences que nous relaterons, sinon dans toutes, le milieu extérieur reste normal, et l'œuf seul est soumis aux changements expérimentaux.

Ilest aisé de comprendre qu'il en soit ainsi. Ce n'est pas le milieu extérieur : l’eau douce ou salée, la teneur en oxygène, la température, etc., qui fait qu'un œuf de grenouille donne naissance à une grenouille et un œuf d'oursin à un oursin. Si c'est grâce au milieu que le développement peut se faire, ce n’est pas lui qui en possède les rouages ; par sa composition, il permet aux potentialités contenues dans l’œuf de se manifester, mais il ne les crée pas, ou ne le fait qu'indirectement. En d’autres termes, le milieu adéquat est la condilion nécessaire d'une ontogénèse régulière, il n'en est pas la cause. Si sa com position vient à varier, la plupart des processus embryonnaires seront altérés, de façon souvent fort instructive,

mais 1ls le seront plutôt dans leur déroulement que dans

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108 PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES ET ONTOGÉNÉTIQUES, ETC. | leur origine ; or, c'est celle-ci qui nous préoccupe surtout. |

Nous avons eu soin de dire et nous insistons sur le “ fait, que nous n'avons en vue ici que le milieu extérieur. Par une extension du mot qui nous paraît abusive, on « parle volontiers de milieu intérieur dans le même sens où « l’on entend le premier. Certes, le cytoplasme est le milieu ambiant pour le noyau, comme celui-ci l’est pour le nucléole, etc. ; mais on ne fait que créer une confusion quand on étend l'expression aux parties constituantes du cyto- M plasme lui-même, qui deviennent alternativement objet et milieu, selon l'ordre dans lequel elles réagissent l’une sur l’autre. En réalité, s'exprimer ainsi ne fait qu'obscurcir sans utilité la notion, beaucoup pius claire pour notre esprit, des corrélations fonctionnelles, physiques ou chimiques qui existent ou qui s’établissent entre les diverses parties ou les diverses substances d'un œuf segmenté ou non. Il convient donc de laisser au mot milieu son acception usuelle, banale, et c’est ainsi que nous l’entendrons : le milieu est ce qui entoure, sans faire corps avec lui, un œuf, un organisme, ou un groupe de cellules de cet orga-

nisme. s

L'œuf, au moment de la ponte, a terminé l'élaboration de son cytoplasme et est, pour employer encore l'expression de Fauré-Frémier, en équilibre de maturation. M IL est inactif, tous les processus vitaux y paraissent sus- M pendus ; il semble en état de vie latente. Livré à luimême, dans le milieu où il devrait se développer, il meurt « toujours, après un temps plus ou moins long suivant les M espèces. LS

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