‹ L'uf et les facteurs de l'ontogénèseChapitre 33 sur 141 · ÉTAT D'INERTIE DE L'OŒUF MUR · texte numérisé non relu

ÉTAT D'INERTIE DE L'OŒUF MUR

Tout n'est cependant pas complètement arrêté en lui, un reste d'activité vitale subsiste, sorte d'agonie qu'on peut prolonger en ralentissant davantage le faible métabolisme dont il est encore le siège, mais dont la fécondation seule — ou un équivalent quelconque — peut le faire sortir.

Ce reste d'activité vitale est mis en évidence par l'observation et par l'expérience. Fauré-Frémier a constaté que l'œuf d’Ascaris, quand il n'est pas fécondé, fait une tentalive, vite avortée d’ailleurs, pour sortir de l'équilibre chimique dans lequel il se trouve, et transforme notamment une partie de sa substance pour s’entourer d'une mince membrane. Lors a démontré que l'œuf d'Oursin, pendant son agonie, absorbe un peu d'oxygène à l'eau ambiante et l'utilise à des oxydations qui ne font qu'augmenter son état de dépression et le conduisent à la mort; placé, au contraire, dans une eau privée d'oxygène, sa survie à l'absence de fécondation est beaucoup plus longue. | |

Ces faits prouvent bier qu'il faut une intervention plus radicale que le simple changement de milieu pour ré-veiller l'œuf et lui rendre l’activité nécessaire à son développement. Il est cependant des cas, rares il est vrai, où le changement produit du fait même de la ponte, a des conséquences plus notables.

L'œuf d'Astérie, par exemple, est pondu à l’état d’oocyte de premier ordre ; au contact de l'eau de mer, il réagit en accomplissant ses mitoses de maturation et en formant ses deux globules polaires ; mais pour cet effort, il épuise ses dernières réserves d'énergie et, s'il n'est pas fécondé, il s’achemine aussi lentement vers la mort.

L'œuf

VWIO PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES ET ONTOGÉNÉTIQUES, ETC.

De quelles causes relèvent ces faits, ou tout au moins quel en est le mécanisme iñlime ?

R. Herrwi et ses élèves, d'autres encore, ont comparé Finertie de l'œuf mür à l'état de dépression des Infusoires après un certain nombre de bipartitions (Mavpas). Ce rapprochement est tout à fait justifié et si sa valeur explicative est médiocre, il a l'incontestable avantage de bien montrer que la conjugaison des Infusoires et la fécondation des Métazoaires sont des processus de même ordre, soulevant les mêmes problèmes et susceptibles d’une explication semblable. Tout le monde admet, actuellement, que la dépression, chez les Protozoaires, est due à une sorte d'intoxication provoquée par l'altération du milieu !; on réussit, en effet, à la produire expérimentalement par des agents divers (Pororr). L'œuf, pendant l'élaboration de son cytoplasme s’inloxique-t:1l, lui aussi ? La réponse à celte question se dégagera de la suite de notre exposé.

Cuisp a émis dans ces derniers temps une idée intéressante, qui a notamment le mérite de s’accorder avec bon nombre de faits connus. Il assimile l’œuf mûr ? à une cellule précocement sénile, sénilité qui serait la conséquence de l'actif métabolisme dent elle a été le siège pendant sa période d’accroissement; en d'autres termes, Fœuf s'use à fabriquer des réserves. Cette comparaison qui n'est d’ailleurs pas sans analogie avec la précédente, puisque pour Âlaupas, dépression et sénililé sont des

1 Cf. sur ce sujet, les travaux de Carxins, Woonrurr, etc. 2 Nous entendons toujours, par œuf mûr, l’œuf dont la maturation eylo;lasmique est achevée et qui est susceptible d’être fécondé. On

sait qu'à ce moment il peut être à des stades divers de la formation des globules polaires.

Page 1