CAUSES DE L'INERTIE DE L'OEUF MUR
tion. Jamais, dans aucune espèce animale, on ne le trouve en un autre état; or, si l'en place des œufs fécondés d’Ascaris megalocephala dans les conditions de température requises pour leur développement, mais en vase clos et sous quelques centimètres cubes de sérum arüficiel, afin de provoquer leur asphyxie par défaut d'oxygène, leur évolution est enrayée au bout de quatre jours environ : l'examen des noyaux à ce moment montre que dans toutes les cellules ils sont au repos ou en métaphase ; il n'y a pas d'intermédiaire (1910).
Il résulte donc de cette expérience, que dans l'œuf d’'Ascaris en segmentation, lorsque la pollution du liquide ambiant et l'épuisement dela réserve d'oxygène intoxiquent son cytoplasme, l’asphyxient et l'empêchent de se libérer de ses déchets, les mitoses commencées vont Jusqu'à michemin puis s'arrêtent, et celles qui se sont achevées ne recommencent plus leur cycle. Or, aucun fait ne s'oppose à ce qu'une semblable explication soit appliquée à l'état d'inertie de l’œuf vierge, et Baraizrox, dans ses déductions, serre, selon nous, la vérité de très près.
L'expulsion de substances hors de l'œuf, comme pre-. mière réaction du contact d'un spermatozoïde avec son cytoplasme, est un fait très général ; le liquide périvitellin n’est jamais de l’eau pure. L'action inhibitrice qu'il exerce sur les spermatozoïdes et à laquellenous avons fait allusion plus haut, suffirait à Île démontrer si l'observation n'y avait reconnu, depuis longtemps déjà, la formation de précipités sous l’action des réactifs qui coagulent les albuminoïdes. Nous n'ignorons pas que dans certains cas ces précipités ne sont pas appréciables et que chez l'Oursin, par exemple, il semble n’y avoir sous la mem brane de fécondation qu’un liquide aqueux ; mais le sou-
lèvement même de cette membrane répond à un processus exactement analogue à la formation du liquide périvitellin dans les autres œufs et s'accompagne également d’une contraction du cytoplasme, extrêmement marquée et signalée de longue date ‘. À côté de ces cas exceptionnels, il en est d’autres, où l'élimination des produits du métabolisme de l'œuf pendant sa croissance est si évidente, qu'ils acquièrent une valeur démonstrative de premier ordre. C'est ainsi que chez l’Ascaris, iln'ya pas à proprement parler « expulsion d’un fluide» : au moment de la fécondation un phénomène plus compliqué se produit. Fauré-FrRémEr à démontré, en effet, qu'une partie des inclusions élaborées avant que ne soit atteint l'équilibre de maturation, est rejetée à la périphérie lorsque cet équilibre vient à être rompu par la fécondation ; le glycogène est hydrolysé et se répand à la surface où il contribue à constituer l'enveloppe chitineuse dont s'entoure l'œuf fécondé; une autre substance très caractéristique, un éther de l'acide ascarylique, vient former, après saponification, une membrane mince, qui double la première à sa surface interne ; ce travail chimique accompli, l'œuf commence à se segmenter. On ne peut accorder à ces actions chimiques d'autre signification qu'une épuration du cytoplasme ovulaire ; la nature des substances éliminées variera suivant les espèces, mais le fait important; c’est-
{ On parle toujours, dejuis Loœæs surtout, de la formation de la membrane de fécondation sur l'œuf d’Oursin ; cette expression est tout à fait inexacte. La membrane préexiste à la fécondation, mais sur l’œuf mür elle est étroitement accoléeau cyloplasme Au moment
de la pénétration du spermatozoïde, sa perméabilité change, l’eau de
mer passe au lravers d'elle en grande quantité, la soulève en la distendant fortement et vient s’accumuler entre l’œuf et elle.
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