‹ L'uf et les facteurs de l'ontogénèseChapitre 39 sur 141 · PARTHÉNOGÉNÈSE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

PARTHÉNOGÉNÈSE EXPÉRIMENTALE

ment, parce que, phylogénétiquement, la parthénogénèse a succédé à la sexualité et doit être considérée comme en étant une simplification secondaire. Sans méconnaître la réalité de cette évolution historique, il nous paraît que cette simplification même perm 1 de considérer la parthénogénèse comme un corollaire de la reproduction agame et que le problème physiclog'que n'est pas très différent quand la sexualité n’exis's pas ou quand elle n'existe plus.

La parthénogénèse expérimentale, envisagée sous son Jour véritable, apparaît comme un moyen d'analyse des propriétés de l'œuf mür et des changements qu'y apporte la fécondation. Les premières seules nous occuperont dans

-ce chapitre.

Avant d'entrer dans le détail, et d'examiner les procédés mis en œuvre, il nous semble préférable d'énoncer, dans son expression générale, la conclusion d'ensemble qui se dégage des faits observés.

Sous des influences très diverses, d'ordre chimique, physique ou mécanique, un œuf mür, qui sans cela n’eut pu sortir de son état d'inertie, entre en développement, parcourt régulièrement les divers stades de son évolution et peut donner naissance à un organisme nouveau tout à fait normal. À vrai dire, on n'a jamais vu jusqu'ici d’embryons parthénogénétiques atteindre l’état adulte, mais la preuve est faite que seules les difficultés techniques de l'élevage en sont la cause. Peut-être sont-ils un peu moins robustes que les normaux, cé qui n'empêche que Decace a maintenu en vie de-petits Oursins parthénogé-

nétiques pendant trois ans, que Baraïrrcon et d’autres après lui ont réussi à élever des têtards de grenouille jusqu’à la métamorphose et bien au delà ; ces résultats remarquables ne laissent subsister aucun doute.

Voilà donc établie de façon définitive la possibilité de provoquer. dans l'œuf, par des moyens de laboratoire, un ensemble de phénomènes qui jusqu'alors étaient la propriété exclusive d'un agent vivant ; mais d’autres consé-— quences amplifient encore la portée de cette conclusion : il résulte de la nature des méthodes employées et du mécanisme par lequel l’œuf réagit vis-à-vis d'elles, que pour se développer en un organisme, il n'a besoin ni d'apport de matériaux formateurs, ni d'énergies spécifiques ; l'œuf possède en lui-même tout ce qui lui est nécessaire. C’est ce que DELaGe (1908) a exprimé très exactement en disant (page 486) : « l’œuf est un mécanisme monté, apte à parcourir de lui-même, sous l'influence de ses facteurs internes, tout son cycle évolutif sion lui fournit seulement des conditions ambiantes, qui sont passablement banales ».

« Il suffit de déclancher le mécanisme en forçant Ja cellule à faire les premiers pas vers la division, pour qu’elle achève ensuite de parcourir toute la route. » Et BaraïzLox (1910) émet une idée très analogue quand il dit (page 134) : « (dans la parthénogénèse expérimentale) nous rendons capable de division la cellule- œuf incapable : le reste est affaire d'organisation ».

L'œuf mûr et vierge ne peut pe diviser ; qu'on réa-

lise en lui les ae nécessaires à une mitose normale, et aussitôt tout se déclanche ! Nous verrons plus tar d combien cette formule simple cache de processus compliqués ;

le lecteur pourra s’en faire une idée, incomplète d'ailleurs,

en se remémorant les causes que nous avons assignées à

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