‹ L'uf et les facteurs de l'ontogénèseChapitre 41 sur 141 · MÉTHODE ET THÉORIE DE LOEB · texte numérisé non relu

MÉTHODE ET THÉORIE DE LOEB

mières en ce qu'elles sont des procédés en deux temps. La grande importance qu'on leur accorde vient de ce qu'elles ne sont pas nées du hasard, mais d’une conception théorique préalable, plus ou moins précise, dont elles visent à être la vérification expérimentale. Il va de soi que ces conceptions et les méthodes qui en dérivent, n'ont pas été créées d'un seul jet dans leur forme définitive et chacune d'elles a son histoire, toujours fort intéressante ; elle est retracée en détails dans les livres que nous avons signalés ainsi que dans les travaux spéciaux de BaraizLox.

Après de longs tätonnements, J, Lors est arrivé à réaliser une technique qui, avec l'œuf d'Oursin, donne d'excellents résultats. Elle consiste à appliquer successivement à l'œuf deux traitements : le premier par un acide gras, spécialement l'acide butyrique ‘, le second par une solution saline hypertonique à l’eau de mer.

Le premier temps amène la formation de la « membrane de fécondation » ou plutôt, pour nous exprimer comme Log le fait dans ses derniers travaux, modifie la couche corticale de l'œuf? et provoque ainsi en lui une série de réactions chimiques qui sont essentiellement des oxydations. Si on laisse ces réactions se poursuivre sans autre intervention, elles aboutissent fatalement à une cytolyse de l'œuf, qui se désagrège et meurt. Elles sont donc engagées dans une voie défectueuse, et pour les remettre dans le bon chemin, il faut qu'intervienne la solution hypertonique : celle-ci est donc correctrice de

1 On trouvera tous les détails de la technique dans les livres de Lœs, et de DeLace et Gorpsuiru.

? Voir au sujet de cette action et de la membrane de fécondation, la note au bas de la page 116.

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13/ PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES ET ONTOGÉ ÉNÉTIQUES; ETC.

l'acide butyrique. Les deux temps se complètent l'un

l’autre ; bien plus, ils se corrigent mutuellement, car si l'on renverse l’ordre de leur intervention, la parthénogé-" nèse s'obtient tout pareïillement ; c’est alors l'acide bulyrique qui corrige l'influence hypertonique. |

Tout le problème de la parthénogénèse consiste donc, pour Los, à amorcer dans l'œuf des processus d'oxyda-=" tion et à les diriger dans la bonne voie; et généralisant son interprétation, l’auteur l'étend aux processus de la fécondation normale : le spermatozoïde, en pénétrant dans l'œuf, lui apporterait deux substances, qui Joueraiïent respectivement les rôles d'agent cytolysant et d'agent correcteur. Tout comme la parthénogénèse, la fécondation serait donc un phénomène en deux temps.

L'interprétation de Loœæs est donc d'ordre chimique : le titre de ses ouvrages l’atteste d’ailleurs. Elle est incon-" testablement fort intéressante et nous nous hâtons d'ajouter que si l’expérience-type, telle que nous l'avons résumée” ci-dessus, est à sa base, beaucoup d'autres, ingénieusement imaginées, en précisent la valeur et en amplifient l'analyse.

Il est évident .que les oxydations jouent un rôle consi-" dérable dans la vie de l'œuf en développement, que l'états d'inertie qui caractérise son équilibre de maturation dé-« pend en grande partie du fait qu'elles y sont supprimées“ ou tout au moins ralenties, et qu'une des conditions es. sentielles de la parthénogénèse comme de la fécondation" doit être d’en favoriser le retour ; il est incontestable,“ enfin, que ces oxydalions, pour produire leur effet utile, doivent se succéder dans un certain ordre et avec des vi=« tesses déterminées. Mais à côté de ces faits, dont le savant, américain à bien souligné la valeur et dont il a abordé 4

de.

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