‹ L'uf et les facteurs de l'ontogénèseChapitre 45 sur 141 · MÉTHODE ET THÉORIE DE BATAILLON · texte numérisé non relu

MÉTHODE ET THÉORIE DE BATAILLON

auquel l’action de la pesanteur peut s'exercer librement, enfin les changements d'aspect que nous décrirons, dans le prochain chapitre, sous le nom de manifestations dynamiques de la fécondation.

Pour BaraizLox — et cette manière de voir est très défendable —, l'œuf mûr et vierge est en état d’hypertension osmotique ; son métabolisme est enrayé par l'accumulation des déchets de son activité et par l’état de semiasphyxie qui en est la conséquence.

Pour l'activer, c’est-à-dire pour l’inciter à se développer, il faut le mettre à même de subir une première division nucléaire assez bien équilibrée pour qu’elle soit suivie, dans les délais normaux, d’une division cellulaire typique : si le cycle est bien déclanché, il se poursuivra. sans encombre.

Pendant longtemps Bararzrox s’est efforcé, soit par l'emploi de solutions hypertoniques, soit par l'élévation de température suivie de refroidissement brusque, de réduire l'hypertension ovulaire par soustraction de liquide ; en replaçant ensuite l'œuf dans son milieu normal, il pouvait se réhydrater jusqu'à ce que la proportion voulue fût atteinte. Ces essais, sans être totalement infructueux, n’ont donné que des résultats médiocres : segmentations vagues, irrégulières, quelquefois des morulas, mais pas davantage.

Cela signifiait, et l'exemple de la fécondation normale accrédite cette opinion, que le facteur déshydratation, si aclif soit-il dans l'activation de l'œuf, n’est pas seul en cause ; 1l faut aussi épurer l'œuf, le libérer deses déchets, provoquer, en un mot, la réaction {otale qui suit immédiatement l’entrée du spermatozoïde.

Cette réaction totale, BaraïzLox, dans ses derniers tra-

vaux, l'appelle la réaction propre de l'œuf, et elle comporte: la contraction, l'expulsion du liquide périvitellin, l'orientation de l'œuf, et l'achèvement de la deuxième mitose de maturation !. L'agent parthénogénétique doit produire tout cet ensemble, parce qu'il forme un bloc. Or, la réaction propre de l’œufest jusqu'à un certain

point indépendante des agents qui la provoquent, c'est:

à-dire qu'elle peut s'effectuer, selon l'expression de Ba- TAILLON, « sous des tactismes divers » ; elle a donc sa source dans l'œuf lui-même et apparaît comme une manifestalion de son irritabilité ; elle appartiendrait à la même catégorie de faits que la contraction musculaire, par exemple.

L'expérience suivante vient à l'appui de cette manière de voir : BaraAïLLox veut opérer une fécondation croisée entre des œufs de Pelodytes ou de Bufo calanuta et du sperme de Triton. Ces œufs sont activés, — en attribuant à ce terme la définition que nous avons donnée plus haut — ils se segmentent ensuite, mais fort irrégulièrement, puis le développement avorte. L'activation n'a donc pas réalisé, dans ce cas, les conditions propices à la division normale de l’œuf, mais elle s’est néanmoins produite. Qu’en conclure, sinon qu’il faut quelque chose de plus que l'activation pure et simple pour qu'une ontogénèse régulière puisse s'engager ? Relevons cette distinction, qui va nous être très utile.

Mais l'examen des œufs de Pelodytes ou de Bufo ainsi

1 À celte énumération, il faut ajouter les manifestations dynamiques (Bracuer, 1911) et la formation de l'énergide femelle (HerLanr, 1913), dont il ne pourra être question que dans un chapitre ultérieur.

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