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ser en deux spermatocytes de second ordre. Nous savons qu'à ce moment (voir page 73), les couples de chromosomes se dissocient, chacun des deux composants passant dans une des cellules-filles, de telle sorte que la réduction caryogamique se trouve effectuée.
Mais l’hétérochromosome, lui, gagne tout entier et directement l’un des pôles (fig. 32) et se mêle aux chromo-
Fig. 30. — Plaque équatoriale dans une spermatogonie de Leptophyes. X — hétérochromosome.
(D'après O.-L. Moue.)
somes de l’un des spermatocytes de second ordre. Celui-là contient donc, en réalité, chez Stenobothrus 9 chromosomes et 15 chez Locusta, tandis que son congénère en 1 renferme respectivement 8 et 14. Et comme la seconde mitose de maturation qui aboutit à la formation des sper- M matides est équationnelle, chaque chromosome — ycom- « pris l’hétérochromosome — se fend en deux moitiés qui gagnent respectivement les pôles opposés et forment les noyaux des cellules-filles. Les spermatides, et par suite les « spermatozoïdes, conservent par conséquent la formule Û chromosomiale du spermatocyte de second ordre dontelles proviennent (fig. 33 et 34) ; dès lors des quatre sperma-
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tozoïdes issus d'une spermatogonie, deux possèdent un hétérochromosome en plus de la série des chromosomes ordinaires, et deux en sont dépourvus. 1! se forme donc dans le testicule de Locusra et de Srexogorrus, deux espèces de spermatozoïdes en nombre égal. Dans l'une, les chromosomes qui entrent dans la constitution de la tête sont au nombre de 9 (8 + 1 hétérochromosome) chez
Fig. 31, — Plaque équatoriale dans une oogonie de ZLeptophyes, X — hétérochromosomes.
(D’après O.-L. Mon.)
Stenobothrus et de 15 (14 + 1) chez Locusta ; dans l’autre ce nombre est respectivement de 8 er de 14.
Etudions maintenant l’oogénèse des mêmes animaux. Dans les oogonies on trouve toujours, dans la plaque équatoriale d'une mitose quelconque, 18 chromosomes chez Stenobothrus et 30 chez Locusta : un de plus que dans le sexe mâle, ce qui rétablit la parité du nombre.
Or, il est très facile de se convaincre, chez Locusta no tamment où les dispositions sont d'une netteté remarquable (0.-L. Mour), que le chromosome surnuméraire est
de même forme et de même taille (comparer fig. 26 et 27, À) que l'hétérochromosome des spermatogonies : il en est le partenaire !. Aussi pendant la période de petit accroissement de l’oocyte, pendant la formation du « bou-
Fig, 32. — Fuseau de la première division de maturation (réductionnelle} dans la spermatogénèse de Locusla viridissima. X — hétérochromosome, passant indivis à l’un des pôles.
(D'après O-.L, Mour.)
quet », la phase synaptique et l'appartement des chromo-
somes, trouve-t-on régulièrement 15 anses bivalentes :
(Locusta). Il y aura par conséquent 15 éléments doubles,
1 M. le D' Mour a bien voulu nous communiquer deux des-
sins extrêmement nets, montrant des dispositions analogues dans
un autre Orthoptère, Leptophyes punctatissima, dont il vient d’achever l'étude (1915). Nous les reproduisons dans les figures 30 et 31. La figure 30 est la plaque équatoriale d’une spermatogonie, la figure 31 celle d’une oogonie : l'hétérochromosome de l’une (x) et les deux hétérochromosomes de l’autre, sautent aux yeux avec une évidence plus grande encore que chez Locusta. Nous croyons d’ailleurs devoir insister sur le fait que des images comme celles que nous reproduisons ne sont pas rares : il suffit pour les trouver d’avoir la patience de les chercher dans des préparations obtenues par une technique convenable.
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épais et compacts dans la plaque équatoriale de la première mitose de maturation.
On n'a étudié jusqu'ici ni chez Locusta, ni chez Stenobothrus, la formation des globules polaires, mais si on tient compte des faits observés chez d’autres espèces, on peut affirmer, sans risque sérieux de se tromper, que
Fig. 33. — Deux spermatides de la Fig. 34. — Deux spermatides de la série renfermant l’hétérochromo- série dépourvue de l'hétérochromosome (X) achevant de se séparer some achevant de s’isoler, chez l’une de l’autre, chez Locusta vi- Locusla viridissima.
ridissima.
(D'après O. L. Mour.)
les composants de ces éléments doubles (15 chez Locusta, 9 chez Stenobothrus), se disjoindront lors de l'expulsion du premier et qu'ainsi la formule chromosomiale sera la même dans le globule polaire et dans l'oocyte de second ordre. La seconde mitose de maturation de l'œuf étant équationnelle comme dans la spermatogénèse et procé-
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dant d’une division longitudinale de {ous les chromo- -somes, il s'ensuit que cette formule sera maintenue à la fois dans l'œuf mûr et dans les trois globules polaires. Ë
Il n'y a donc pas d’hétérochromosome dans l’oogonie, ou si l'on préfère il y en a deux, mais, point essentiel, le dimorphisme n'existe pas dans les œufs. Tous les pronuclei femelles comportent le même nombre de chromosomes.
Il est aisé de saisir les conséquences qu'aura le dimor-— phisme des spermatozoïdes opposé à l'uniformité des œufs. Quand chez Locusta un œuf est fécondé par un spermatozoïde à 15 chromosomes, le noyau de segmentationen contient 30 (15 à + 15 ©) : telle est, nous venons de le voir, la formule caractéristique des oogonies … et dès lors tout nous autorise à croire que cet œuf, en se développant, donnera naissance à un individu du sexe femelle. C’est d'ailleurs ce que la figure 29 prouve péremptoirement ; elle représente une plaque équatoriale dans une cellule épithéliale de l'oviducte, et lon voit qu'elle est complètement identique à la figure 27 qui a été prise dans l'ovaire et se rapporte à une oogonie.
Si, au contraire, l'œuf de Locusla reçoit un spermatozoïde de la série à 14 chromosomes, la formule du noyau de segmentation sera de 29 (15 + 14), nombre spécifique du sexe mâle. C'est lui que l'on trouve, en effet, dans la figure 28, qui reproduit très fidèlement la plaque équatoriale dans une cellule épithéliale du canal déférent? : elle paraît n'être qu’un décalque de la figure 26.
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