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HERMAPHRODITISME 179
quait très difficilement par le jeu des chromosomes dans les cellules sexuelles ; mais cet argument n'aura la valeur d’une objection véritable que le jour où les recherches cytologiques donneront une base stable à cette allégation. La vérité est plutôt que l'hermaphroditisme est encore actuellement inexpliqué ; des recherches récentes de BoveRi (1911) et de Scucerp (1911), encore trop incomplètes pour trouver place ici, laissent entrevoir les promesses qu'on peut attendre du concours de l'étude cytologique des produits sexuels dans certains cas d’hermaphroditisme ‘. A défaut d’une solution certaine,
! Voici, brièvement résumés, les résultats principaux obtenus par ces auteurs qui ont étudié la question simultanément et de façon indépendante. Chez Ascaris (Rhabditis nigrovenosa), une génération hermaphrodite vit en parasite dans le poumon de la grenouille. Il en sort des individus à sexes séparés qui mènent une vie libre; la forme hermaphrodite provient des œufs fécondés de cetie génération libre. On voit que ce cycle très spécial permet une étude fructueuse des causes cytologiques de l’hermaphroditisme.
Cette étude est malheureusement très difficile pour des raisons techniques ; néanmoins les faits suivants paraissent assez bien établis. Les mâles libres ont deux catégories de spermatozoïdes, les uns ont 6 chromosomes, les autres 5 : les femelles n’ont qu'une catégorie
d'œufs, à 6 chromosomes. Les hermaphrodites sont loujours des femelles ; leur formule chromosomiale est r2. Donc il est très probable que les spermatozoïdes à 5 chromosomes avortent ou dégénèrent (comme chez les Phylloxeras et les Aphidiens). Mais la question importante est de savoir comment l’Ascaris hermaphrodite peut produire les deux catégories de spermatozoïdes (à 6 et à 5 chromosomes) nécessaires à la production des femelles et des mäles de la génération libre. C’est Sci qui a fait, sur ce sujet, les observations les plus précises. Les spermatogonies ont 12 chromosomes, ou plutôt ont ro chromosomes et 2 hétérochromosomes. Nous passons sur le mécanisme de la préparation à la réduction, qui se complique ici de la formation de « tétrades ». Le fait essentiel est celui-ci : lors de la
nous possédons au moins des indications sur l'orientation à donner aux recherches futures.
IV. Apport de caractères paternels. — L'apport de tendances héréditaires paternelles que fait à l'œuf le spermatozoïde, paraît être à première vue un phénomène si banal qu'il est à peine besoin, semble-t-il, d'en faire mention.
L'inégalité des potentialités évolutives des gamètes M mâle et femelle ayant été démontrée antérieurement, le « . moment nous paraît venu d'entrer dans les détails et de
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préciser la qualité de l’apport héréditaire de chacun des M deux progéniteurs. k prQS :
Dans le développement de tout individu, deux groupes « distincts de tendances héréditaires interviennent : les unes « constituent dans leur ensemble l'hérédité générale, les autres peuvent être réunies sous le nom d’hérédité spéciale « ou plus exactement encore, personnelle. Cette distinction, “ qui est loin d’être neuve, n'a trouvé cependant utilement M son application que dans ces dernières années (DeLAGE, SCHREINER, CONkLIN, GopLewskr, MorGan, BRACHET, « HERLANT, etc...). |
L'hérédité générale, c’est l'ensemble des causes, des
première mitose de maturation (division du spermatocyte de 1°" ordre en deux spermalocyles de 2° ordre) les 12 chromosomes se répartis sent dans les deux cellules-filles, de telle façon que l’une d’entre elles « en reçoit 6 qui entrent dans la composition de son noyau, tandis que. l’autre n’en reçoit que 5 ; le 12° chromosome, ou bien est éliminé aus 4 moment de la séparation des cellules et reste dans le corpuscule in
termédiaire, ou bien dégénère dans le cytoplasme qui le contient. Le résultat est,en tous cas, atteint : les deux catégories de spermatocytes se sont formées, à la suite du rejet du chromosome en trop. Un des
facteurs et des lois grâce auxquels un œuf fécondé donne naissance à un individu de l'espèce à laquelle il appartient. Sa composition, les rouages de son mécanisme le contraignent à deux éventualités seulement : évoluer régulièrement ou mourir. Cette partie essentielle du patrimoine héréditaire, cette aptitude à édifier un organisme nouveau suivant des lois définies, l'œuf la possède, alors que tous les faits connus jusqu'ici concourent à prouver que le spermatozoïde en est dépourvu (voir chapitre IT). Lorsque nous étudierons plus tard les manifestations dynamiques de la fécondation, les localisations germinales, la signification de la segmentation, nous nous efforcerons d'analyser dans l'œuf le substratum de cette hérédité générale et les premières manifestations de son activité. Quant à l'hérédité spéciale, elle comprend ce qui, dans chaque œuf en particulier, vient s’adjoindre à l’hérédité générale ; elle est véritablement, si l'on nous permet l'expression, une « tournure personnelle » de l’hérédité. C’est elle qui donne au développement de chaque individu, ou plutôt des individus nés des mêmes parents, un cachet propre, tantôt facile à déceler, tantôt indislinct au con- .traire ‘. L’hérédité générale et l'hérédité spéciale ne se superposent pas ; aucun conflit ne surgit jamais entre elles et la seconde n’est, en somme, qu’un cas spécial de la première.
C'est donc à tort qu'on a limité aux premières phases seulement du développement de l'œuf l’action de l'hérédité générale, qui progressivement céderait le pas à l'héré-
1 K Pgrer a consacré à l’étude de ces variations une série de travaux où sont rassemblés un certain nombre de faits intéressants (1909-1911). L’exactitude de la notion que nous voulons souligner s’en dégage avec une parfaite clarté.
dité spéciale ; celle-ci imprime son cachet personnel dès l'origine, provoquant des différences certes toujours mi= nimes, mais néanmoins réelles, ainsi qu'on va le voir;on « peut même aflirmer sans exagération que, surajoutée à k l'influence du milieu, principal facteur des variations individuelles, la « tournure spéciale » de l’hérédité géné- « rale, comme nous le disions plus haut, a joué un rôle ca- « pital à toutes les étapes de l’évolution des organismes. |
Ces prémisses étant posées, 1l est aisé de concevoir que F dans le développement d’un œuf fécondé, l'apport hérédi= taire du spermatozoïde n’a d'action que sur le côté spécial M de l'hérédité ”. :
Il nous est possible d'apprécier l'intensité de ce pouvoir par l'hybridation, dans laquelle le spermatozoïde donne son maximum de rendement. Judicieusement combinés, les croisements entre espèces voisines ont montré que le spermatozoïde étranger n'a de prise que sur les derniers stades de l'ontogénèse et que son action ne porte que sur des caractères particuliers. Entre espèces éloignées où les « résultats seraient spécialement aptes à nous éclairer, l'hy- 4 bridation ne donne malheureusement rien, soit que la fécondation ne soit pas réalisable, soit que. l'œuf évolue suivant le type purement maternel.
D'autres faits, plus suggestifs en même temps que moins connus, mettent mieux en vedette l'influence spécifique et très précoce dü spermatozoïde dans la marche des processus ontogénétiques normaux. |
1 L'espace nous étant limité, nous ne pouvons malheureusement w entrer dans de plus longs détails sur ce sujet, ni confronter les points | de vue des divers auteurs qui s’en sont occupés. Il y a de nombreux « points de contact entre les idées développées ici et celles de DeLaGE, À Bovert, Conkux, (GopLEwskI, SGHREINER, etc. :