POTENTIALITÉS RÉELLE ET TOTALE
dans la physiologie des cellules embryonnaires. Le simple morcellement auquel il doit son origine s'achève avec lui et fait place aux processus plus complexes des différenciations ontogénétiques.
Mais en même temps que la segmentation du cytoplasme s'effectue, 1l faut, pour que la relation nucléoplasmique soit réalisée, que la quantité de chromatine augmente dans une proportion correspondante : chaque mitose nucléaire doit donc être précédée ou suivie d'une synthèse de chromatine qui ne peut se faire qu'aux dé. pens du cytoplasme. De nombreuses et pénétrantes recherches dues à GonrEewsxt, et à d’autres auteurs encore, ont prouvé que dans l'œuf d'Oursin cette synthèse se fait réellement ; il est très probable qu on la découvrira dans
les autres œufs ‘. Elle est, à ce qu'il semble, le seul pro-
cessus chimique important et vraiment appréciable dont on puisse retrouver les traces pendant la segmentation.
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Chaque blastomère a sa destinée ontogénétique déterminée par la qualité et la quantité des matériaux qu'il contient et qui lui ont été répartis par une segmentation quelconque de l'œuf fécondé. Telle est la conclusion principale qui se dégage de la lecture des pages précédentes.
Mais nous nous hätons de dire qu'elle n’est valable dans toute sa rigueur que lorsque l'œuf suit un développement parfaitement typique ?; elle n’a de portée qu'au
1 Nous avons déjà remarqué antérieurement que Fauré: FRÉMIET se trompe peut-être quand il la nie chez l’Ascaris. ? Nous entendons l'expression développement typique avec le sens
point de vue purement descriptif, et, par conséquent, doit être soumise à une analyse plus profonde.
En réalité, elle ne fait que jeter les bases du grand pro:«
blème de la potentialité des blastomères qui va, mainte-«
nant, retenir toute notre attention.
L'étude que nous avons faite jusqu ici des localisations germinales et de leur répartition dans l’œuf et les blastomères qui en dérivent, nous a permis de reconnaître que telle zone de l'œuf ou, ce qui revient au même, tel blas-
tomère qui en occupe la place, donnera naissance, au”
cours de ses différenciations, à telle partie déterminée du corps de l'embryon à l'exclusion de toute autre. Nous désignerons l'ensemble des facteurs qui provoquent une semblable évolution, sous le nom de potentialité réelle, traduisant ainsi en français le terme allemand de « prospektive Bedeutung » créé par H. Driescn dans ce but. La potentialité réelle d’un blastomère c'est donc le rôle qu'il joue dans une ontogénèse tout à fait typique. Un
exemple concret fera mieux saisir la portée de cette défi nition : dans l'œuf de la grenouille rousse, quand le pre=«
mier plan de segmentation coïncide exactement avec le”
plan de symétrie bilatérale, nous savons que les deux
premiers blastomères placés de part et d’autre de ce plan, constitueront respectivement, au terme de leurs différen« ciations, les moitiés droite et gauche du corps de l'em=«
bryon. Leur pouvoir semble s'arrêter là : c’est leur pos
analytique que Roux (1903) lui attribue, c’est-à-dire un développe=" ment dans lequel toules les lois de l'ont sont 3
appliquées. Typique n’est donc pas synonyme de normal: un de deux premiers blastomères, isolé de son congénère, pourra donne une blastula et une mabtr dé normales, par des processus M ‘mais un semblable développement n’en est pas moins atypique.
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