‹ L'uf et les facteurs de l'ontogénèseChapitre 76 sur 141 · COMPOSITION DU PROTOPLASME · texte numérisé non relu

COMPOSITION DU PROTOPLASME

d’un animal! donné, les localisations doivent être à leur place au même titre que les faces et les angles d’un cristal doivent être à la leur *.

Malgré tout ce que cette conception a d'hypothétique, il faut reconnaître qu'elle cadre avec les idées régnantes sur la composition physico-chimique de la matière vivante. Elle permet aussi de comprendre, en parlant de données qui n’ont rien que de très naturel, l'une des propriétés les plus mystérieuses de l'œuf, celle de pouvoir niveler des pertes de substance occasionnelles, celle qui permet à une parlie de devenir l'équivalent du tout.

Chaque fois que dans notre exposé l’occasion s’en est présentée, nous avons insisté sur la nécessité, pour que cette propriété s'aflirme, de certaines conditions préalables. Une partie ne devient pas l'équivalent du tout n'importe quand et n'importe comment, par sa propre « volonté », par son enléléchie comme dirait Driescn.

Pour qu'elle puisse le faire, deux conditions au moins

sont obligatoires : il faut qu'un changement physique permettant un remaniement intervienne et ensuite que la quantité et la qualité des matériaux inclus dans la partie soit telle qu'ils puissent se répartir dans les mêmes rapports de proportionnalité que dans le tout — ou tout au moins dans des rapports très approximativement semblables. Dans l'œuf de grenouille, quand le premier sillon de segmentation coïncide avec le plan de symétrie bilatérale, le retournement — facteur physique — permet un remaniement intégral et parfait dans chacun des deux blastomères parce que l’un est l’image exacte de

! En nous exprimant ainsi nous ne voulons faire qu’une comparaison, mais elle est saisissante.

l’autre. Mais le facteur physique est inopérant quand cette coïncidence fait défaut.

En d'autres termes la partie n’est égale au tout que quand les substances qu'elle contient sont dans les mêmes proportions ; pour appuyer cette notion, rappelons l'exemple de l'œuf d’Oursin segmenté en huit, dont les quatre blastomères inférieurs peuvent redevenir des œufs, tandis que les quatre supérieurs en ont perdu le pouvoir.

Il y a des œufs, ou des parties d'œufs, dans lesquels le remaniement indispensable s'effectue facilement, comme il en est d'autres où 1l ne se produit que dans des condiions si difficiles à réaliser, qu’elles n'ont pu l'être jusqu'à ce jour, tels les Tuniciers ; peut-être en est-il enfin où il est irréalisable. Les causes directes de ces variantes nous échappent, mais elles résident probablement dans l'état de cohésion, ou de viscosité, du protoplasme.

Est-il besoin d'ajouter enfin, qu'un autre remaniement encore, constant dans la fécondation et qui constitue la « principale des manifestations dynamiques, rentre dans le cadre de ceux dont nous venons de nous occuper et est susceptible d’une explication analogue.

Nous venons de résumer l'interprétation la plus plau- ” sible, à notre sens, de la signification des localisations germinales dans l'œuf. |

Deux questions nous arrêteront maintenant : à quel moment apparaissent dans le protoplasme de l'œuf, les différences régionales qui sont la source des localisations, et ensuite, qu'en reste-t-il dans les diverses cellules constituantes du corps de l'organisme adulte ? |

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