‹ L'uf et les facteurs de l'ontogénèseChapitre 8 sur 141 · A ) “RE · texte numérisé non relu

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bryonnairé étaient déterminés, selon eux, par le jeu des propriétés d’un patrimoine héréditaire lentement acquis au cours de la lignée généalogique de chaque espèce ; mais ce qui est plus grave, c’est que restreignant l'ampleur du problème, ils ont prétendu le résoudre en faisant de l'Hérédité l'apanage de molécules ou de granulations particulières, de substances spécifiques contenues dans l'œuf et dans les cellules en général. L'Hérédité aurait ainsi-ses organules dont elle serait la fonction, comme la bile est sécrétée par le foie.

Depuis une trentaine d'années, un certain nombre d’embryologistes — ils sont encore minorité — ont voulu réagir contre celte tendance qui menaçait d’engager la Science dans la voie des spéculations brillantes, mais stériles et sans issue. On ne peut se contenter de « causes historiques. » que pour expliquer le passé ; le développement d’un organisme aux dépens d'un œuf est avant tout . un phénomène actuel, qui se passe et se répète constamment sous nos yeux, dont les causes vraies, actuelles elles M aussi, sont passibles des méthodes qu'emploient les sciences « exactes. |

Tous les aspects, tous les changements décrits par les : cytologistes el les morphologistes, tous les mécanismes . que met en œuvre une ontogénèse pendant qu'elle se dé- » roule, ont leurs sources dans la composition physique et. chimique du germe tout entier et dans l’action qu'exerce sur lui le milieu où il vit. Cet ensemble, c'est la maniféstation tangible de lois fixes qui régissent la matière vivante en évolution ; les cadavres des ancêtres, quelque :

minutie quon apporte à les décrire, n'en dévoileront jamais le secret : ils prouvent que ces lois n'ont pas tou- Jours été immuablement les mêmes, mais c’est tout.

De ces réflexions naquit l’Embryologie causale moderne. En raison du but qu'elle se propose et par opposition à la morphologie phylogénétique qui reste en dehors de ses préoccupations, on l'appelle généralement, en Allemagne surtout, la Mécanique du développement (Entwicklungsmechanik, Roux) et parfois aussi, la Physiologie du développement (Daiescu). La dénomination que nous avons adoptée nous paraît préférable parce qu’elle est plus large.

Sa méthode de choix est l'expérimentation, mais comme dans bien des cas l'expérience est instituée en vue de l'analyse et de l'interprétation d’aspects qui ne sont visibles qu'au microscope, on doit fort souvent la compléter d’un examen cytologique conforme aux règles de la meilleure technique. La description et la comparaison jouent donc, en Embryologie causale, un rôle beaucoup plus important qu'en Physiologie : elles permettent,

d'une part, de formuler dans des termes appropriés les

questions que l'intervention expérimentale aura à résoudre, et, d'autre part, d’en contrôler les résultats ; mais il est évident que la description ne sera de quelque profit dans la recherche de la causalité que si elle est analytique et non purement anatomique : il faut que l'observateur s'attache non pas à fixer un s{ade ou une série de stades, mais bien à tracer une évolution complète, en dirigeant surtout son attention sur les processus grâce auxquels ur

es

s stade dérive de celui qui l’a précédé et se continue dan

celui qui lui succédera.

Dans les divers chapitres de ce livre, une très large place sera réservée aux notions que l’embryologie cau-

sale a permis d'acquérir. Dans la mesure où le permet

l’état actuel de la science, nous avons en toute occasion - cherché à définir la cause directe des phénomènes observés et à l’exprimer en une formule simple.

On y trouvera donc plus d'analyse que de synthèse,

beaucoup de faits et fort peu de théories, des aveux d’igno- «

rance mais pas de schémas destinés à les dissimuler, par-

fois des hypothèses mais toujours compatibles avec une

vérification expérimentale,

Ainsi présentée, notre œuvre manquera de cecharme et .

de ce relief qu'ont toujours les grandes vues spéculalives :

habilement exposées ; elle ne vaudra que par sa sincérité .

et par l'intérêt intrinsèque du sujet lui-même ; et si fré-.

quemment le lecteur sent fuir l'explication définitive et

dernière d’une question traitée, au moins croyons-nous qu'il fermera ce livre avec la conviction fermement assu-

rée que la Science est dans la bonne voie et que le mys- :

tère se dissipe peu à peu.

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