‹ L'œuf humainChapitre 2 sur 37 · ce · texte numérisé non relu

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personnellement remontent à plusieurs années en arrière: à dix, quinze, vingt, vingt-cinq ans, et plus. Elles avaient été préparées, suivant les méthodes employées à ces diverses époques et considérées alors comme les meilleures. Une bonne partie de nos préparations ont été fixées par la solution de Kleinenberg (mélange picro-sulfurique); quelquefois aussi par la solution de Mûller, avec ou sans addition d'acide osmique ; puis par des alcools de plus en plus concentrés. Cette méthode de fixation a l'avantage de ne provoquer aucun retrait appréciable des pièces. Les colorations sont presque toutes faites « en masse », avec du carmin boracique à Talcool : lequel, comme on sait, donne de très bonnes vues topographiques d'ensemble; mais lequel, par contre aussi, a souvent le défaut de ne pas toujours faire ressortir les détails cytologiques et, histologiques fins, avec assez de précision.

Pour obtenir une série d'œufs plus complète, plus comparative et plus uniforme, nous avons ajouté et intercalé deux ou trois œufs empruntés à la littérature ; nous n'avons pris naturellement en considération que les cas qui nous fournissaient des données suffisamment exactes.

Un grand nombre de planches et de dessins, exécutés d'après les préparations originales,, à la chambre claire, au microscope ou autrement, feront comprendre dans la mesure du nécessaire les détails spéciaux. Nous en avons fait un choix, en prenant, dans nos portefeuilles de dessins, seulement les plus utiles; et nous les avons fait reproduire, soit par la typographie, soit par la lithographie en couleur.

Enfin, nous avons composé spécialement et ajouté à ceux-ci une ou deux schématisations synthétiques, qui, nous l'espérons, feront mieux comprendre certains points

obscurs. Telles, entr' autres, nos figures lithographiées i à 7, Pl. I ; i3 à 16, Pl. III ; et 17, Pl. IV ; ainsi que nos Planches schématiques II et III (p. 32 et 33).

Nous avons, également, cru qu'il était utile de déverser, dans le présent travail, un certain nombre de clichés, qui sont notre propriété personnelle, et que nous avions utilisé dans d'autres publications, qui ont paru précédemment et à diverses époques.

Nous osons espérer que toutes ces illustrations, dont nous sommes redevables en grande partie à la bonne volonté de la Commission des publications du Jubilé, rendront, au lecteur, moins arides, ces matières d'ordre très spécial et malheureusement souvent encore bien obscures, malgré les grands progrès récemment réalisés.

Ceci précisé, entrons en matière.

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L'implantation de l'ovule.

Le processus par lequel les ovules de THomme, de certains Primates et de quelques autres Mammifères, situés plus bas dans la série animale, se mettent en relation intime avec l'utérus, dans l'acte de gestation, vient d'être enfin tiré au clair, après bien des tâtonnements.

Nous devons cet immense progrès surtout aux travaux récents : de von Spee et de Burkhardt, sur le Cochon d'Inde (Cavia cobaya); de Selenka, sur un grand nombre de Singes; de Peters, de S. Minot, de Léopold, de Bryce, de Teacher et de Nous-méme sur l'Homme, ainsi que d'autres chercheurs, trop longs à citer nominalement. Tous ces travaux ont été corroborés tout récemment par Hubrecht et par Grosser.

Jusqu'à une époque récente, on s'était imaginé, tout simplement et bien à tort, que l'ovule fécondé, une fois arrivé dans la cavité de l'utérus, ne tardait pas à être entouré par les replis boursoufflés de la muqueuse de cet organe; que, de la sorte, Tovule finissait par être complètement enveloppé par ces replis qui se refermaient audessus de lui ; et que, finalement, par ce mécanisme, prenaient naissance les trois membranes caduques classiques : a) réfléchie (decidua rejlexa}, passant par dessus l'œuf ; b)

sérotine (decidua serotina), située entre l'œuf et l'utérus; c) et vraie (decidua vera), tapissant le reste de la cavité du corps de l'utérus (voy. p. 3i).

La plupart des manuels et des traités courants présentent encore des schémas qui expliquent la fixation de l'œuf de cette façon inexacte.

Bonne justice est faite maintenant de toutes ces conceptions par trop simplistes, erronées au point de vue scientifique et assez dangereuses, dans les applications pratiques qu'on pourrait en tirer. (Voyez, plus loin, notre paragraphe V, concernant les Décidues).

Grâce aux recherches étendues des savants que nous venons de nommer, recherches qui portent sur toute la série des Vertébrés, nous savons maintenant que, de fait, il y a, dans la façon dont se comporte l'ovule vis-à-vis de l'utérus, une gradation progressive, parfaitement régulière, et qui va du simple au composé.

Il nous est impossible d'entrer ici dans tous les détails sur ce sujet. Bornons-nous à énumérer les principaux jalons de cette progression ascensionnelle, aujourd'hui fort bien connue, et qui va des Mammifères inférieurs jusqu'aux Primates, pour atteindre finalement THomme lui-même.

Nous avons :

1. Chorion lisse non adhérent (Marsupiaux). L'œuf a beau grandir, il garde, jusqu'à la mise bas, un chorion qui a une surface uniforme et qui reste toujours en contact simple avec la muqueuse de l'utérus : donc, à aucun moment, l'ectoderme chorial n'adhère à 1 epithèle utérin. Les échanges nutritifs se font par simple contiguïté.

2. Chorion ondulé diffus, non adhérent (Suidés). Il se forme à la surface du chorion des replis onduleux, qui

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s'engagent dans des ondulations correspondantes de la muqueuse utérine, un peu congestionnée. Mêmes conditions de nutrition que ci-dessus.

3. C horion villeiix diffus, non adhérents, (Galago agisyinbanus). Des expansions villeuses viennent s'ajouter aux replis choriaux. Toujours point d'adhérence avec la muqueuse utérine. Même mode de nutrition que cidessus.

4. Chorion avec touffes villeuses non adhérentes (Equidés). Les villosités se mettent en touffes qui partent d'un tronc commun. Rapports et nutrition comme ci-dessus^

5. Chorion cotylédoné demi-adhérent (Ruminants). Les villosités sont rassemblées par paquets et forment les cotylédons. Ces expansions s'engagent toujours plus profondément dans les anfractuositésde la muqueuse utérine. Cependant, lorsqu'on exerce des tractions un peu fortes, il est encore possible de séparer les cotylédons de la muqueuse utérine. Nous avons donc affaire à un demi-placenta. En dehors des champs cotylédonaires, il y a toujours encore simple contact, comme dans les cas sus-décrits.

Jusqu'ici, ce sont des pseudo-placentas. Viennent maintenant les vrais-placentas.

6. Chorion à implantation partielle dans le derme. Ici, un fait nouveau intervient ; l'épithèle utérin s'ouvre et s'écarte, pour laisser passer le chorion ovulaire ; et nous avons alors des ébauches de vrais placentas.

Il y a en trois types principaux qui méritent d'être pris séparément en considération :

1 Pour plus de détails sur les diversifications des formations villeuses, nous renvoyons aux travaux nombreux, faits sur ce sujet, dans notre laboratoire, par notre premier assistant, M. le E. Bujard.

a) hnpiantation partielle {onaire: Œufs de forme allongée, fusiforme. Corne utérine cylindroïde. Placenta vrai, occupant la zone médiane de Toeuf, sous forme d'une bague plus ou moins large; les deux bouts de Tœuf restant libres et non adhérents. On est généralement d'accord pour admettre que, dans toute l'étendue de la zone placentaire, l'épithèle utérin a disparu ; et que, par conséquent, dans cette région, l'œuf a subi une implantation partielle directe et intéressant, sur tout son pourtour, un segment entier de la corne utérine. Il est démontré qu'aux deux extrémités du fuseau ovulaire, l'épithèle chorial reste intact (chez les Carnivores : chien, chat, etc.).

b) Implantation partielle discoïdale double: Œuf de forme lenticulaire au début. Cavité utérine aplatie. Deux placentas discoïdaux, occupant les deux faces de l'œuf, dorsale et ventrale, par rapport à l'embryon en voie de formation. Chacun de ces placentas est implanté sur une des faces utérines ventrale et dorsale, par rapport à la mère. Le reste du chorion ovulaire est libre; son épithèle est intact et ne montre, nulle part, d'adhérence (chez Semnopitheciis nasicus).

c) Implantation partielle discoïdale simple : Ovule d'abord lenticulaire. Cavité utérine aplatie. Une seule face de l'œuf (face dite dorsale par rapport à l'embryon en voie de formation) s'est implantée dans l'une des deux faces de la cavité utérine. Le reste de l'épithèle ovulaire est libre et non adhérent (chez Cercocebus cynomolgus).

7. Chorion à implantation totale et placenta discoïdal. C'est ce cas qui nous intéresse tout particulièrement, puisque c'est celui qui est réalisé dans la grossesse humaine. L'œuf, en morule, peut-être même déjà en blastule, traverse complètement l'épithèle utérin, qui s'ouvre

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en boutonnière, pour se refermer complètement, à nouveau, après le passage de l'ovule. Finalement, il se produit, sur la partie dorsale de l'œuf, par rapport à l'embryon, un placenta discoïdal cotylédoné (Cobaye, Hylobates concolor, Homme).

Nous renvoyons, pour plus de détails, aux excellentes monographie de Hans Strahl et de Otto Grosser, les personnes, que ces questions concernant Tanatomie comparée de la placentation pourraient intéresser plus particulièrement.

Nous avons dû nécessairement être très brefs. Voici, d'ailleurs, comme complément à notre exposé, la classification proposée par H. Strahl.

Mammalia

VIVIPARA :

M. Achoria :

M. Choriata :

(Aplacentalia)

(Placentalia)

Semiplacentalia ;

Placentalia ;

avec :

avec :

-S. pl. avillosa :

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