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Observation XVII (Inédite).
Observation extraite d’un rapport médico-légal de MM. les Drs Thoinot, Richardière et Paul (26 février 1910), due à l’obligeance de M. le Professeur Tnornor.
Le sieur S.., âgé de 40 ans, ouvrier mineur, déclare que le 4 décembre 1908 il a été atteint, par un coup de manivelle de treuil dans la région costo-abdominale gauche ; il indique également, comme ayant été touchée, la région épigastrique. La réalité de cet accident ne peut être contestée, ainsi qu’il appert . de l'enquête à laquelle il a été procédé.
D’après les certificats des D'° P... et M.., médecins traitants et du D'P...,médecin de la Compagnied’assurances, voici quelle a été l’évolution de la lésion : le blessé, étourdi, a immédiatement rendu du sang par la bouche; il rentra à son domicile et dut se coucher. Il se trouvait alors en état de shock, avec un pouls petit et rapide; la région épigastrique était douloureuse, Le traitement suivant fut ordonné : repos absolu au lit, potion à l’ergotine, application de glace sur le ventre, lavements alimentaires et administration de morphine. Deux nouvelles hématémèses eurent lieu le troisième et le douzième jours après l'accident ; la dernière fut si violente que le malade perdit connaissance pendant plusieurs heures. Depuis cette époque, le blessé est resté exsangue, confiné au lit; il n’a commencé à se lever que dans les premiers jours de février. Revu le 13 mars 1909, il souffre de l’estomac immédiatement après les repas et pendant deux à trois heures; les douleurs sont parfois si vives
qu’elles l’obligent à s’aliter. Il n’a repris son travail que le 28 juil-
MSN let 1909 et ne l’a pas interrompu depuis cette date pour motif de santé,
Le 26 février 1910, jour de l'expertise médicale, S... déclare toutefois qu’il sent encore, apres ses repas, de fortes douleurs dans l’estomac. L'examen n’a permis de constater aucun symptôme local ou général.
Conclusions : S... ne garde actuellement aucun reliquat anatomique ou fonctionnel de l’accident subi le 4 décembre 1908. La date de la guérison peut être fixée au 28 juillet 1909, époque de la reprise du travail, c'est-à-dire sepl mois environ après
le traumatisme.
Observation XVIII (Inédite).
Observation extraite d’un rapport médico-légal (22 novembre 1910) et due à l’obligeance de M. le Professeur Tnoivor.
Le sieur T..., âgé de 31 ans, porteur d’eau, a été blessé le 14 mai 1910. Il a été serré entre une voiture automobile et la voiture qu’il conduisait ; il a ressenti une douleur interne immédiate. Une demi-heure après l’accident, il a rendu abondamment du sang par la bouche; il a perdu connaissance, a été ramassé sur la voie publique et transporté à l'hôpital Beaujon où il a subi d'urgence L'opération de la laparotomie. Il déclare ne pas savoir quelles lésions internes il portait. Il a quitté l'hôpital au bout de quinze jours et a fait un séjour de quinze jours à l’asile des convalescents de Vincennes. Il à craché du sang pendant son séjour à l'hôpital Beaujon et à l’asile de Vincennes.
Le Professeur Thoinot le voit à deux reprises. La première fois, le blessé accuse les troubles suivants : perte de l’appétit,
vomissements dès qu’il a mangé, coliques continuelles, diarrhée
A persistante, cauchemars et transpiration la nuit. I1 décrit ainsi ses crises de vomissements: après le repas, il est pris d’aigreurs et vomit au bout de deux heures environ; il est immédiatement soulagé. En outre, il tousse et crache le sang de temps en temps.
Un certificat médical du D" C..…, médecin traitant, en date du 30 septembre 1910, indique, outre les vomissements et les douleurs stomacales, des souffrances du côté droit de‘la poitrine et de la toux; l'état général a beaucoup baissé et le poids serait descendu de 70 kilogrammes à 61 kgr. 500.
Eu novembre, l'expert fait les constatations suivantes : pas d’amaigrissement notable depuis le premier examen(le poids est resté le même, 64 kilos 500). Respiration emphysémateuse, sans aucun foyer de bruits adventices. Pas de modification des bruits du cœur. Le foie déborde nettement la limite des fausses côtes droites ; il y a un tremblement assez accusé des mains, plus léger de la langue. L’estomac semble dilaté, mais la palpation de la région épigastrique ne s’est montrée douloureuse en aucun point.
Il conclut de ses examens que le sieur T... a eu, de toute évidence, des lésions gastriques ; la muqueuse a été contusionnée, ce qui explique les hématémèses qui se sont produites immédiatement après l'accident et plus tardivement encore. D’autre part, le sieur T... a présenté nettement une symptomatologie gastrique : douleurs, vomissements après les repas, qui se rapporte à la lésion connue sous le nom d’ulcère traumatique de l'estomac. Mais le blessé est plutôt en voie de grande amélioration qu’en état stationnaire ou en voie d’aggravalion : il a gagné 3 kilos, bien qu’il ne soit pas actuellement soumis à un régime rigoureux. En définitive, M. le Professeur Thoinot accepte l’évo-
lution d’un ulcère traumatique de l’estomac, mais bénin et mar-
chant vers la guérison qui semble actuellement (six mois après
l’accident) bien près d’être atteinte.
2° Cas à évolution rapide, terminés par la mort:
Observation XIX
Paury (de Posen). — Aertzliche sachsverstændigen Zeilungen. Berlin, 15 janvier 1898.
I s’agit d’un employé de chemin de fer, R..., qui avait tou- Jours été bien portant. Il fut tamponné par un wagon et reçut un coup violent dans la région épigastrique. Depuis l'accident, il ressentait une vive douleur au niveau des fausses côtes, en avant ; il n’eut ni vomissements alimentaires, ni hématémèses, mais son appétit disparut et l’état général périclita,
Il souffrait toujours, lorsque six semaines après l’accident, il fut pris brusquement d’une douleur déchirante au niveau de l'estomac. Pauly diagnostiqua, ainsi que ses confrères appelés en consultation, une perforation de l’appendice. Le malade mourut au bout de trente heures. L’autopsie révéla une péritonite subaiguë, consécutive à la perforation d’un ulcère stomacal ayant environ les dimensions d’une pièce de 50 pfennies et
siégeant sur la petite courbure, à 12 centimètres du pylore.
Observation XX
Pauzy, loc. cut, et Raneletti, loc. cit. obs. XIV.
Un individu, jusqu’alors en état de parfaite santé apparente, renversa énergiquement et brusquement le corps en arrière pour
éviter une chute au cours de son travail. Il ressentit sur le coup
ED = une douleur violente qui fut mise sur le compte d’uve rupture musculaire.
Mais la santé du blessé périclita. Il perdit l'appétit ; 1l ne put jamais plus tolérer d’aliments solides qui provoquaient une douleur gastrique intense. Aluif semaines après l’accident apparurent brusquement les signes d’une péritonite par perforation qui détermina la mort.
A l’autopsie, on constata l’existence d’une péritonite consécutive à la perforation d’un ulcère duodénal de la grandeur d’une pièce de 50 centimes, distant de 1 cent. 1/2 à peine de l’orifice
pylorique.
Observation XXI
ForGus, — Communication au Congrès de chirurgie (22 octobre 1902). Observation publiée dans la Revue de Chirurgie, Paris (10 octobre 1903), n° 10, page 488 et suivantes. Forcure et JeanBraAU. — Des plaies de l'estomac par armes à feu.
H..., 19 ans, reçoit une balle de revolver du calibre de 7 millimètres, à bout portant, une demi-heure après le dernier repas. La balle a pénétré au-dessous et à gauche de l’ombilic. Au moment de la laparotomie qui a été pratiquée une heure et demie après la blessure, les symptômes sont les suivants : pas de shock, pouls à 120, petit, régulier. Abdomen tendu et faiblement ballonné : ventre en bois, Pas d’hémorragie par la plaie.
Laparotomie verticale, latérale, passant par la plaie d’entrée ; perforation de la paroi antérieure de l’estomac, à un travers de main au-dessous du cardia et à gauche de la petite courbure. Pas de matières ni de sang dans le ventre, L’estomac est distendu par des aliments et des gaz. Suture. On ouvre l’arrière-
cavité en déchirant l’épiploon gastro-colique et on explore la pa-
NON roi postérieure de l'estomac sur laquelle on ne découvre ni perforation, ni ecchymose. Fermeture de l'abdomen sans drainage. Sérum artificiel. Injections de 1/4 de centigramme de morphine, toutes les heures, dans l'après-midi.
Le troisième jour, hématémèse abondante suivie de collapsus profond, auquel succombe le blessé en quelques heures.
A l’autopsie, on ne trouve pas de traces de péritonite. La suture stomacale a bien tenu et les tissus voisins sont sains. Pas de lésions viscérales. On trouve la balle non déformée dans l'estomac qui contient un demi-litre de liquide noirâtre ; l'intestin grêle est rempli de sang.
La paroi postérieure de l’estomac présente une tache ecchymotique, large comme une pièce de 5 francs. Au centre de cette zone existe un ulcère nécrotique : la muqueuse avait disparu et la paroi était fortement amincie. Un fragment fut prélevé au niveau de cette zone pour l'examen histologique.
Dans les coupes colorées à l'hématoxyline-6osine, on voit que la muqueuse et la sous-muqueuse ont complètement disparu ainsi qu’une partie de la tunique musculaire ; aux confins de cet ulcère traumatique, on constate que la muscularis mucosae est rompue et recroquevillée et que les artères et les veines, dont les parois sont envahies par des leucocytes, présentent des lésions d'endo-périartérite et d’endo-périphlébite.
Il s’agit en somme de lésions analogues à celles de l’ulcère de
l’estomac au début.
Observation XXII
Fermi. Münch. med. Wochenschres 12 septembre 1905, et Tue, loc, cit.
Un jeune homme de 28 ans, jusque-là admirablement bien portant, reçut le 27 mai 1905 un coup de pied de cheval dans la région épigastrique. La laparotomie pratiquée immédiatement montra l'intégrité absolue des viscères abdominaux.
Deux jours plus tard, le blessé fut pris d’hématémèses à répétition qui entraînèrent la mort cing jours après l'intervention.
A l’autopsie, on trouva l'estomac rempli de caillots ; on constata l’existence de trois ulcérations gastriques siégeant le long de la petite courbure et situées sur une même ligne. L’une d'elles a une forme ovoide et mesure 3 centimètres de long sur 1 centimètre et demi de large; les bords en sont taillés à pic et il existe une perforation. L’artère coronaire stomachique est ulcérée, Il ÿ à une seconde perforation au niveau de la grande
courbure.
Il. — Cas à évolution lente : 42.
1° Cas à évolution lente, lérminés par la quérison : 9.
Observation XXIII
TroussEau. Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu, 1865-1873, tome III, page 80.
Il s’agit d'une fémme de 34 ans : « à son dire, le mal dont elle se plaignait remontait à une époque déjà assez éloignée et avait
été occasionné par un coup dans la région de l’estomac... Cette
M 2 malheureuse, arrivée au troisième mois de sa grossesse, fit une chute violente. Elle n’éprouva d’abord rien d’extraordinaire, mais le lendemain, elle fut prise de saignement de nez et quelques heures après, d’un vomissement de sang assez abondant qui avait été précédé d’un sentiment de malaise tout particulier du côté de l’estomac. Puis la malade se plaignit d’éprouver des douleurs d’estomac très violentes, douleurs térébrantes qu’elle spécifiait en disant qu’il lui semblait qu’on lui enfonçait un pieu dans l’estomac, et elle montrait la région xiphoïdienne, Ces douleurs, irradiant dans la région correspondante du dos, présentaient tous les caractères de celles que M. Cruveilhier assigne à l’ulcère simple... Tous les quatre ou cinq jours, quelque-
fois plus souvent, surviennent des vomissements abondants d’un
liquide ressemblant à du marc de café ou à de la suie délayée.
dans de l’eau ». Sous l'influence du traitement, « les vomissements noirs ne reparurent plus, les douleurs cessèrent et l’appétit revint. ; lorsqu'elle quitta l’hôpital, la malade avait repris un notable embonpoint et se sentait en état de se remettre à ses travaux habituels ». |
L'évolution a eu lieu en un an environ. ‘
Observation XXIV
Ensreis. Deuts. Arch. für klin. Med., 1895 et Thiem, loc. cit.
Un ouvrier, âgé de 26 ans, a été pris d’un vomissement de sang en soulevant un objet très lourd ; pendant toute une année il a présenté des vomissements alimentaires fréquents et de la constipation ; son état fut tel à un moment donné que, étant
soldat, il dut rester alité pendant vingt-six semaines à l’hôpital.