‹ L'Ulcère Traumatique de l'EstomacChapitre 13 sur 37 · LD · texte numérisé non relu

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Après un an, subitement, il eut une hématémèse dont la quantité fut évaluée à un litre environ; cet accident se renouvela, en moins grande abondance, trois jours après. Les selles étaient noires et le malade accusait de violentes douleurs dans le creux de l’estomac avec irradiations. Tous ces troubles cessèrent sous l'influence de la diète et du traitement médical. On

posa le diagnostic d’ulcère de l'estomac.

Observation XXV

LeviG. Stern, loc. cit.

Un douanier, âgé de 40 ans, a fait un an auparavant une chute dans laquelle la crosse de son fusil lui a traumatisé l’épigastre avec une telle violence qu’elle s’est brisée. Tout de suite après l'accident, et pendant huit jours seulement, le malade a souffert de douleurs gastriques réveillées par l’ingestion des aliments ; pas de vomissements.

Deux mois après, réapparition des douleurs avec perte de l'appétit. Les repas sont suivis de renvois acides et brûlants, de ballonnement du ventre et de vomissements quisurviennent après cinq ou six heures ; ces vomissements sont brun foncé et ont un goût amer. Six mois avant d’entrer à l'hôpital, le malade à eu une syncope à la suite d’un vomissement très abondant et noir comme du cafe. Depuis cette époque, il est resté au lit ; les douleurs se sont accrues, les vomissements se répètent de plus en plus souvent et contiennent toujours du sang.

Le malade est très aimaigri et pâle; la région pylorique et un point précis de la grande courbure sont le siège d’une sensibilité

très vive. En outre, la palpation révèle la présence d’une résis-

FEAT L: ES

tance tomenteuse qui va de la grande courbure au pylore. De temps à autre, le malade a des vomissements contenant de l’HCI libre et de l'acide lactique; l’estomac descend à deux travers de doigt au-dessous de l’ombilic.

Après traitement (diète sévère, lavements nutritifs), l’état général s'améliore. Toutefois, deux mois après son entrée à l'hôpital, les vomissements ont encore l'aspect du marc de café et les matières fécales contiennent du sang. Après un séjour de deux mois et demi, le malade part non guéri.

La présence d’acide lactique avait fait penser au développement d’un carcinome ; mais le malade, revenu à la Clinique en 1898, pour une autre affection, dit qu’après avoir continué le traitement indiqué, il a resssenti une très grande amélioration. I] donne d'ailleurs l'impression d’un homme bien portant et n’accuse aucun trouble gastrique. La guérison fut obtenue en

qu inze mois environ.

Observation XXVI

Turcais. — Traitement chirurgical de l’ulcère simple de l’estomac. Thèse de Paris, 1900, page 32.

(Observation recueillie dans le service de M. le Professeur Monprofit, Hôtel-Dieu d'Angers).

Le nommé M... Henri, âgé de 56 ans, n’a jamais eu d’affection grave dans sa première enfance. A 16 ans, il reçoit dans la poitrine deux coups de pied de cheval, lun, très marqué sous 1 sein gauche, l’autre, moins net un peu plus bas. Quelques semaines plus tard, il éprouve ses premières douleurs stomacales ; elles surviennent tantôt pendant le repas, tantôt avant,

tantôt après, siègent généralement sous le sein gauche, s’irra-

te

dient vers les parties latérales du thorax, vers les épaules et vers les reins; entre les paroxysmes douloureux, M... ressentait une sensation de pesanteur au creux épigastrique. Tout au début, il eut une hyperacidité caractérisée par des éructations de saveur aigre et du pyrosis survenant surtout une ou deux heures après les repas ; le malade avoue aussi des excès alcooliques.

Les douleurs qui, tout d’abord, revêtaient la forme d’un violent point de côté, se sont peu à peu transformées: le malade les compare à celles qu’aurait produite une broche introduite au niveau du creux épigastrique pour ressortir, en arrière, entre les deux omoplates; le pyrosis s’accentue comme la douleur.

De 25 à 35 ans, le malade a presque journellement des pituites abondantes, survenant vers trois heures de l'après-midi et Jamais le matin, Jusqu'ici, les vomissement ont été rares et peu abondants.

Ils commencent à se manifester vers l’âge de 40 ans, puis ils augmentent rapidement au point de se répéter plusieurs fois par jour; à plusieurs reprises, il y eut du malæna.

Le 24 juillet 1896, immédiatement après son diner, le malade vomit tout à coup un litre environ de liquide sanguin très rouge ; le 26 juillet, nouvelle hématémèse plus abondante que la première, survenant après le petit déjeuner du matin : sang très noir, marc de café. Le malade eut une syncope, il resta exsangue et très anémié, Le 27 septembre, troisième hématémèse; il maigrit de plus en plus.

Voyant son état général s’aggraver malgré le traitement médi. cal, il se décide, à la fin de 1897, à consulter le Dr Monprofit qui lui proposa l'intervention chirurgicale. L'opération fut pratiquée le 10 janvier 1898 : gastro-entérostomie antérieure. Le

malade, revu le 23 juillet 1900, n’éprouve plus aucune douleur ;

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