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il a engraissé d’une façon notable, de 92 à 120 livres; il travaille
comme il faisait avant sa maladie.
Observation XXVII
TurLais, loc. cit., page 57.
(Observation recueillie dans le service de M. le Pr Monprofit).
Me T..., ménagère, âgée de 49 ans, se présente le 19° décembre 1898 à l’Hôtel-Dieu d'Angers.
Aucun antécédent héréditaire ou personnel ne mérite d’être signalé. Il y a deux ans, elle reçut un choc au niveau du rebord inférieur des fausses côtes droites, et, depuis cette époque, elle éprouve au point contus situé dans la région pylorique une douleur continuelle qu’elle attribue au traumatisme. Depuis six mois, cette douleur qui était au début très peu intense, sourde et profonde, devient extrêmement vive. Trois semaines avant son entrée à l'hôpital, la malade aurait eu une crise de colique hépatique ayant duré deux jours environ. Enfin, le 25 novembre 1898, elle tombe sur le ventre et une hématémèse assez abondante suit cette chute.
A son entrée à l'hôpital, cette femme présente les symptômes suivants : dès qu’elle a pris le moindre aliment, elle vomit ; ces vomissements, constants et abondants, surviennent une demiheure ou une heure après l'ingestion des aliments. Un second symptôme se manifeste quelques jours plus tard ; la malade vomit du sang. Ces hématémèses, qui se présentent à toute heure de la journée, semblent cependant être réveillées par les aliments, Le sang vomi est tantôt noirâtre, en caillots, tantôt ru-
tilant ; la quantité est variable et dépasse fréquemment 200 à
NOT 300 grammes. Ces vomissements sanguins se sont reproduits tous les Jours, pendant douze jours.
Enfin, la malade accuse une douleur atroce, limitée au creux épigastrique et s’irradiant dans le dos; elle est sans cesse cour bée, cherchant les positions les plus favorables pour calmer la douleur.
Cet état qui a persisté malgré la diète absolue, les injections de sérum et les lavements nutritifs, a beaucoup affaibli la ma- Jade. Le diagnostic posé fut celui d’ulcère hémorragique de l'estomac, consécutif à un traumatisme de la région épigastrique.
Aucune amélioration ne se faisant sentir et l’état général devenant tout à fait alarmant, l'opération fut décidée pour le 24 décembre 1898 : gastro-entérostomie postérieure par le procédé de Von Hacker.
La douleur a complètement disparu et la malade mange d’un fort bon appétit; les vomissements et les hématémèses sont subitement arrêtés et l’état général se relève de jour en Jour.
A sa sortie, la malade travaillait toute la journée sans fatigue
et sans éprouver le moindre trouble gastrique. P 5 q
Observation XXVIII
Duménr. — Ulcère traumatique de l’estomac. Thèse de Paris, 15 janvier 1903, page 97.
(Ce malade a été l’objet d'un examen médico-légal pratiqué par MM. les D'S Thoinot, Vibert et Lédé.)
André S..., âgé de 31 ans, wattman au métropolitain, entre le 15 janvier 1901 à l’hôpital Necker, dans le service de M. le Professeur Le Dentu.
Ce malade, d’une constitution particulièrement robuste, n’a
rire
LEA : & jamais eu d'autre maladie qu’une fièvre typhoïde, durant son service militaire. Pas d’alcoolisme antérieur ; son appétit est
généralement bon, ses digestions faciles, son estomac complaisant.
Le 11 octobre 1900, à 11 heures et demie du matin, une heure après son déjeuner, le train qu’il conduisait vint heurter le train précédent arrêté, à une vitesse de 25 à 30 kilomètres à l’heure. La boîte du régulateur électrique (corps assez lourd et à arêtes tranchantes) qui se trouvait devant lui, à sa gauche, se détacha sous la violence du choc et vint le frapper au creux de l’estomac.
S... se trouva projeté contre la cloison située derrière lui, pendant qu’il recevait le choc du régulateur en avant, subissant ainsi l’action de deux forces en sens contraire.
Après l’accident, il put aussitôt se dégager, mais il souffrait atrocement au niveau des fausses côtes, en avant ; il faillit perdre connaissance.
Le soir même, il entra à l’hôpital de la Charité, dans le service de M.le D' Campenon, où fut posé le diagnostic de contusion thoracique et d’entorse des articulations tibio et médiotarsiennes gauches. L’appétit est normal, le blessé peut manger et les digestions restent faciles. Le 24 octobre, il est envoyé en convalescence à l'asile de Vincennes ; les douleurs persistaient, assez violentes, au creux de l'estomac. Deux ou trois jours après son arrivée à Vincennes, environ quinze à vingt jours après l’accident, S… commence à souffrir également dans le dos. Ces douleurs s’irradient vers la région lombaireet vers les omoplates ; le point maximum est dans le dos, à la hauteur de la région
épigastrique, Elles sont presque continues, indépendantes des
heures des repas:
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Un nouveau phénomène apparaît alors qui frappe vivement l'attention du malade ; lorsqu'il boit du vin, il éprouve une douleur comparable à une brûlure. « Pur ou étendu d’eau, dit-il, le vin me produisait le même effet que si j'avais eu un morceau de fer rouge dans l'estomac »; et cette douleur persistait pendant plusieurs minutes après l'ingurgitation du liquide. Le médecin de l’Asile prescrivit le régime lacté et le bicarbonate de soude. Déjà à cette époque, le malade éprouvait un dégoût assez marqué pour la viande et se contentait des seuls légumes de sa ration ; encore ne les mangeait-il qu’avec contrainte, ayant déjà l’appréhension des digestions qui étaient laborieuses et pénibles.
Cinq ou six jours environ après l’apparition de ces accidents, surviennent des vomissements alimentaires, se produisant une demi-heure environ après les repas; les aliments vomis sont mélangés à une quantité assez considérable de mucus filant, épais et surtout très acide. Dès lors, le malade accuse des éructations acides, s’accompagnant de pseudo-vomissements et de régurgitations qui provoquent une sensation de brûlure le long de l’œsophage ; ce pyrosis très tenace n’a été atténué qu’en partie par le régime lacté prolongé. |
Le 10 novembre, S... rentre chez lui, se soumet à un régime rigoureux; en outre, le médecin de la compagnie qui le soigne lui prescrit du bicarbonate de soude, des bains sulfureux et un massage léger de la région épigastrique.
Le 7 janvier 1901, étant à jeun, tandis qu'il se massait très légèrement la région de l’estomac, il est pris d’une hématémèse et vomit un verre environ de sang noir en caillots, mélangé à un liquide très acide dont le passage provoque une sensation de brûlure à l’œsophage et au pharynx. Le soir du 13 janvier, au
moment de se coucher, il est pris d’un malaise vague, s'endort
cependant, mais vers minuit, il est réveillé par les mêmes sensations de plénitude et de brûlure stomacales déjà éprouvées, et brusquement il rejette une grande quantité de caillots sanguins nageant dans un liquide noir ; le lendemain, S... constate que ses selles sont noires.
Le 15 janvier, il entre à Necker, et voici les symptômes qu'il présente à ce moment : toute la partie antérieure de la base du thorax et la région épigastrique sont très douloureuses à la palpation superficielle ; une percussion très légère indique un abaissement de la sonorité gastrique, on détermine facilement du clapotage, mais toutes les manœuvres sont très douloureuses.
On ne sent pas de tumeur au niveau de la région épigastrique.
Le malade, toujours au régime lacté, n’a pas eu de vomissements depuis quelques jours. Les douleurs au niveau du creux épigastrique et du rachis sont spontanées, souvent très fortes et s'irradient en ceinture. S... accuse nettement la sensation d’être embroché. L’ingestion des aliments augmente l'intensité des douleurs et provoque du pyrosis ; l’appétit est presque nul. Le blessé n’est cependant pas très amaigri; il est pâle, et prétend que, depuis la dernière hématémèse, toutes ses forces l'ont abandonné. Poumons et cœur normaux. Urines normales, Exagération manifeste de la sensibilité cutanée et des réflexes rotuliens.
18 janvier. — A son réveil, S... a une hématémèse,
19 janvier. — Nouvelle hématémèse survenue également le matin. . |
5 février.— Le malade se plaint vivement de sa douleur dans le dos. Les hématémèses ont cessé.
19 février. — Palpitations cardiaques, sans lésion organique.
28 février. — Malgré le lait, l’opium et le bicarbonate de soude
Petit à