‹ L'Ulcère Traumatique de l'EstomacChapitre 15 sur 37 · ET · texte numérisé non relu

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le pyrosis redouble d'intensité ; les douleurs persistent. L'appétit est nul, l’amaigrissement progressif. Le blessé, découragé, est vivement préoccupé de son état et demande à retourner à l'asile de Vincennes où il espère recouvrer son appétit et ses forces.

Juillet 1902. —S..., rencontré par hasard, dix-huit mois après, n’est pas complètement rétabli et présente encore des symptômes d’ulcère gastrique : vomissements alimentaires, douleurs et pyrosis. En janvier 1902, :l a eu une série d’hématémèses assez abondantes qui l’ont anémié et amaigri; il est encore pâle et prétend avoir perdu plus de douze livres depuis son accident. Il se nourrit actuellement de lait et de quelques légumes et n’a pu encore reprendre son travail.

MM. les Dr: Thoinot, Vibert et Lédé ont examiné S... à Poccasion d’une expertise médico-légale de la part de la Compagnie du Métropolitain et ont fait les constatations suivantes : « Nous examinons André S..., en juin 1902, c’est-à-dire près de deux ans après l'accident et nous le trouvons encore en pleine évolution d’ulcère stomacal.

La guérison devait cependant intervenir: à dater d’avril 1903, le blessé n’a plus eu de symptômes gastriques et en Juillet 1903, c’est-à-dire plus de deux ans el demi après le traumatisme, nous l'avons trouvé véritablement guéri, ayant fortement engraissé

et ayant retrouvé sa santé antérieure. »

Observation XXIX

Guizois. Des affections de l’estomac consécutives aux traumatismes par contusion. T'hèse de Paris, 1905, page 73. (Obser-

vation recueillie à la maison de santé du Professeur Monprofit par le Dr Canonne.) \

Sœur À... âgée de 26 ans, souffre de l'estomac depuis plus

d’un an. Elle attribue le début de sa maladie à un coup qu’elle

a reçu dans la région épigastrique. Elle est depuis une année soumise à un régime spécial, consistant surtout en lait, laitages et viandes blanches ; elle a eu quelques hématémèses. Elle vomit assez souvent ses aliments et souffre presque continuellement du creux épigastrique et dans le dos ; les douleurs sont exagérées par l'ingestion des aliments.

Sœur A... est une Jeune fille anémique et de faible constitution.

Le diagnostic est celui d'ulcère de l’estomac. L'opération est pratiquée le 28 novembre 1903 : laparotomie sus et sous-ombilicale, gastro-entérostomie ‘postérieure.

Suites opératoires : disparition des vomissements et des douleurs; le poids reste stationnaire, l'alimentation est normale, la guérison parait définitive. Les dernières nouvelles de l’opérée

(127 mai 1904) sont excellentes.

Observation XXX

MExxe. Nach Unfallakten, 1906, et Thiem, loc. cit.

Le 10 octobre 1896, un cocher reçoit dans la région épigastrique un coup de pied de cheval ; il peut retourner à son domicile malgré les violentes douleurs qu’il éprouve.

Le 12 octobre, on constate une grande sensibilité de la région stomacale ; le malade a vomi des caillots sanguins de couleur noirâtre. Le traitement produit une amélioration telle qu’il peut reprendre son travail quelque temps après ; mais on assiste bientôt à une nouvelle réapparition des douleurs gastriques, surtout marquées après les repas. Le malade a en outre des vomissements alimentaires, contenant parfois du sang.

Au mois de février 1897, les douleurs gastriques persistent

PAPE encore ; en mai 1898, un an el demi environ après le trauma-

tisme, tous les accidents ont disparu.

Observation XXXI (Inédite).

Observation due à l’obligeance de M. le Professeur Tuoinor. Rapport d’une autopsie pratiquée à la Morgue de Paris, après exhumation, le 12 août 1910.

Résultats de l'autopsie. — La conservation du cadavre est très suffisante. La figure est absolument reconnaissable et la putréfaction se marque surtout par les phénomènes suivants : teinte verdâtre surtout marquée à la poitrine, au tronc et à l'abdomen, détachement de l’épiderme déjà effectué ou facilement effectuable à la moindre pression sur toute la surface du cadavre ; il n’existe pas de ballonnement de l'abdomen ni du scrotum.

Le cadavre est d’une extrême maigreur, véritablement décharné ; il est évident, à priori, que le sieur M... a succombé à une maladie de longue durée, à une affection cachectique.

L'examen des viscères donne les résultats suivants :

Encéphale. — Aucune lésion traumatique du squelette ; aucune trace d’une lésion grossière, telle qu’une hémorragie qui serait encore nettement saisissable.

Plèvres-el poumons. — Dans la plèvre droite, nous trouvons 150 grammes de transsudat.

La plèvre gauche est exempte de tout transsudat, mais ceci tient à la soudure presque totale du poumon avec la paroi thoracique.

Le poumon droit pèse 450 grammes ; 1l ne présente d’autres

lésions pathologiques que celles de la stase hypostatique et

ds, 5 LAS quelques tubercules discrets, caséeux ou crétacés, de petites dimensions, répartis dans les divers lobes du poumon.

Le poumon gauche pèse 990 grammes. Il est le siège de lésions tuberculeuses colossales. Nous avons dit ci-dessus qu’il était presque entièrement soudé à la paroi thoracique, et, en réalité, seules les parties inférieures peuvent être détachées sans ‘qu’on soit obligé de sculpter véritablement le poumon. Sauf une très petite partie de la base, ce poumon présente un mélange de cavernes de dimensions variables et de noyaux caséeux de dimensions également variables ; les plus grosses cavernes siègent dans les parties supérieures. On peut dire que le poumon est dans son entier occupé par des lésions tuberculeuses confluentes, arrivées, soit à la période de caséification, soit à la période de fonte. Les ganglions bronchiques sont, à droite et à gauche, singulièrement augmentés de volume et présentent des lésions de caséification manifestes.

Péricarde et cœur. — Il existe à peine de transsudat dans le péricarde. Le cœur ne présente d’autres lésions que celles du ramollissement putréfactif porté à un assez haut degré, L’aorte thoracique est saine.

1] n'existe n1 lésions du larynx, ni lésions de l’œsophage.

Estomac. — L'estomac est le siège de lésions des plus remarquables. Il est tout d’abord d'une petitesse extraordinaire ; on dirait un estomac d’enfant. Les dimensions de cet organe étalé sur la table, après incision faite sur la grande courbure, sont : 20 centimètres du cardia au pylore et 13 centimètres d’un bord à l’autre.

A la partie médiane de cet estomac étalé, c’est-à-dire répondant à la partie moyenne de la petite courbure, se présente une

plaque cicatricielle des plus nettes, ne faisant d’ailleurs ni sail-

lie ni dépression, mais tranchant par sa couleur blanche nacrée et son aspect uniforme sur tout le reste de la muqueuse. Cette plaque cicatricielle représente une étoile à plusieurs branches irrégulières, à grand diamètre vertical de 6 centimètres et à diamètre transversal de 3 cm. 1/2. En dehors de cette plaque, on trouve la muqueuse plissée, et les plis forment autant de rayons divergents à partir de la cicatrice ; il semble bien qu’il y ait eu une traction exercée par la cicatrice attirant à elle la muqueuse avoisinante et la forçant à se plisser.

L'’estomac est presque entièrement vide. La coloration des parties extracicatricielles tranche par la teinte noirâtre sur la couleur absolument nacrée, uniforme et blanche de la plaque cicatricielle.

Au cardia et au pylore il n’existe pas de lésions et, surle reste de la muqueuse, on ne trouve aucune trace d’altérations anciennes cicatrisées.

Donc, une cicatrice unique, centrale, siégeant sur la petite courbure et ayant rétréci l’estomac de façon singulière : voilà la lésion capitale trouvée dans ce viscère.

Foie, reins ef rate. — Ces organes ne présentent d’autres lésions appréciables que celles de la congestion et du ramollissement putréfactif.

L’inlestin grêle et le gros intestin, la vessie, le squelette et les articulations, successivement examinés,se sont montrés normaux.

L’autopsie montre donc chez le sieur M... deux lésions capitales : a) une lésion en pleine évolution, la tuberculose pulmonaire, considérable au poumon gauche; b) une cicatrice déjà ancienne de la muqueuse stomacale, ayant vraisemblablement son origine dans un ulcère siégeant à la petite courbure de ce vis-

cère,

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