‹ L'Ulcère Traumatique de l'EstomacChapitre 23 sur 37 · LENS, AE · texte numérisé non relu

LENS, AE

L'examen des |selles en ce qui concerne la présence d’hémorragies occultes est franchement positif.

Sous l’influence du repos et du régime lacté, l'état du malade s’améliore. La-situation ayant été réglée devant le Président du tribunal civil en conciliation, les douleurs disparaissent peu à peu, maïs les troubles gastriques sont plus lents à disparaître et persistent encore, légers il est vrai, en janvier 1909. De fait, ajoute M. le D' OEttinger, il s’agit d’un malade assez complexe, qui a eu une contusion du rein, un ulcère gastrique et qui a

présenté des troubles nerveux dus à l’autosuggestion.

4° Cas à évolution lente, avec issue incertaine : 16.

Observation XLII

Wirrnesen. Ulcus ventriculi traumaticum, Hannover med. Zeitung, 1888.

Un homme de 42 ans, jardinier, reçut, il y a deux ans environ,un coup de pied violent dans la région épigastrique, au cours d’une rixe.

Dès le lendemain, il eut un abondant vomissement de sang qui se renouvela pendant les jours suivants; mais ces hématémèses furent passagères ; elles se continuèrent pendant quelques jours encore pour cesser graduellement et disparaître tout à fait. Il y eut ainsi une interruption de un mois, au bout duquel les vomissements se montrèrent de nouveau constitués par du sang noir ayant l'aspect de marc de café, sang qui était mêlé aux aliments. En même temps, survinrent les douleurs caractéristiques

au point xiphoïdien et au point dorsal, ce dernier occupant, en

GPS hauteur, presque toutes les portions dorsale et lombaire de la colonne vertébrale,

Enfin, il ne tarda pas à se produire une émaciation d’autant plus considérable que le malade ne pouvait pas supporter d’autres aliments que le lait. Malgré le régime lacté, les phénomè-

nes douloureux et les troubles dyspeptiques persistèrent.

Observation XLIII

Lucas-Cnampionnière. Journal de médecine el de chirurgie pratiques, 1889. Tome LX, page 243.

Une femme d’une très bonne santé habituelle, sans aucun antécédent héréditaire, est entrée dans le service du Professeur Potain pour des accidents qui sont survenus dans les circonstances suivantes : elle fit, il y a deux ans, une chute sur le dos dans laquelle le rachis fut violemment contusionné au niveau des dernières vertèbres dorsales. Elle fut reportée chez elle sans connaissance et, lorsqu'elle se réveilla, vomit du sang en assez grande abondance. Ces vomissements sanglants se reproduisirent le lendemain et, peu à peu, sa santé se remit. Elle conserva cependant une douleur épigastrique, s’exagérant par l'ingestion des aliments acides. Enfin, après un intervalle assez long, la dys-

F pepsie s’accentua et les vomissements de sang se reproduisirent. C’est dans ces conditions qu’elle est entrée à l'hôpital avec une. grande sensibilité au niveau du creux épigastrique et des dernières vertèbres dorsales, une certaine faiblesse générale, des

vertiges et de l’insomnie,

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Observation XLIV

FERRANNINI. T'rallalo italiano di medicina di Cantani e Maragliano (1889). Cap : ulcera dello stomaco. — Raneletti, loc. cit., obs. XXXIII,

‘ Cet auteur rapporte que, huit ans auparavant, un vieillard de 71 ans fut heurté au niveau de la région épigastrique par une bicyclette, avec une telle violence qu’il fut renversé.

Pendant trois mois consécutifs, Ferrannini l’observa assidûment ; il ne constata aucun trouble de la fonction gastrique, ni hyperchlorhydrie, ni hypochlorhydrie, ni troubles de la motilité.

Cependant, depuis huit ans, le blessé a des crises gastralgiques, accompagnées de vomissements et de graves et fréquentes . gastrorragies. Le diagnostic d’ulcère rond chronique consécutif

au traumatisme fut posé.

Observation XLV

Renou. Annales de médecine, 1893, n° 38.

Il s’agit d’une jeune fille de 20 ans, domestique, un peu maigre, mais paraissant jouir d’une bonne santé ; à l'exception d’une fièvre typhoïde survenue il y a cinq ou six ans et dont elle paraît avoir été très bien guérie, elle n’a jamais été malade.

Le début des accidents dont se plaint cette femme remonte à près d’un an; au mois d’août, elle fit une chute dans l'escalier et la région épigastrique vint butter violemment contre le rebord

d’une marche. Sur le moment, survint une douleur très vive,

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avec tendance à la suffocation, qui se calma au bout de quelques instants.

Ce n’est que quarante-huit heures après l’accident qu’eut lieu le premier vomissement de sang, d’abord rouge vif, puis prenant peu à peu la couleur du marc de café. En même temps s’établissait chez elle un certain degré d’intolérance gastrique, caractérisée par des vomissements généralement alimentaires, rarement bilieux. Elle resta en cet état pendant six mois, maigrissant et souffrant de l’estomac. Au bout de ce temps, sous l’influence d’un traitement approprié, il se produisit une amélioration considérable, mais la malade ne put jamais supporter le régime alimentaire de tout le monde.

Le 25 mai dernier, après un repas un peu plus copieux que d'habitude, elle fut prise d’une nouvelle hématémèse ; trois jours après, elle entrait à l'hôpital. Nous nous trouvons actuellement en présence d’une femme ayant une dyspepsie douloureuse ; la sensibilité gastrique se manifeste immédiatement après l’ingestion des aliments, s’exagère pendant les deux ou trois heures que dure le travail digestif et retentit en deux points très distincts, l’un au voisinage de l’appendice xiphoïde, l’autre à la région lombo-dorsale. Vous reconnaissez aisément dans ce tableau les douleurs typiques des gastrites ulcéreuses ou tout au moins des gastrites consécutives à l’ulcère stomacal.

En plus des phénomènes douloureux, la malade présente des troubles dyspeptiques : renvois aigres, régurgitations acides, vomissement après l’ingestion d’aliments solides. À l’examen de l'abdomen, nous trouvons un estomac dilaté de façon très sensible ; la sonorité gastrique est perçue jusqu’au-dessous de l’ombilic ; le clapotement est aisément obtenu, par succussion,

au delà des limites physiologiques, après que l’on à fait boire

0e la malade; enfin, les vomissements sont beaucoup plus copieux que les repas précédents, ce qui est un des meilleurs signes de dilatation stomacale.

La lésion se trouve vraisemblablement au voisinage du pylore et de la petite courbure ; la dilatation de l’estomac est une preuve de cette localisation, car elle est très probablement consécutive à la rétraction cicatricielle du pylore et des tissus en-

vironnants.

Observation XLVI

Renpu. Loc. cit.

Il s’agit d'une femme âgée de 31 ans, teinturière, entrée le 19 juin dernier à l'hôpital ; elle fait remonter le début de son affection à deux ans : au cours d’une rixe, elle reçut un coup de pied très violent dans la région épigastrique. A la suite du choc, elle ressentit une très vive douleur au point frappé, accompagnée de sensation d’étouffement. Pendant quelques jours, son état fut assez sérieux, caractérisé par de l’hyperesthésie, de l’intolérance gastrique, des symptômes rappelant le péritonisme, mais sans vomissements. Ces accidents se calmèrent peu à peu.

Deux mois après,survinrent des vomissements qui se mélangèrent rapidement de sang ; une hématémèse assez abondante dura sept à huit Jours.

Les antécédents ne permettent pas de soupçonner une autre étiologie que le traumatisme.

Actuellement, nous relevons chez cette femme des symptômes de gastrite douloureuse : anorexie à peu près complète, dégoût de la nourriture presque absolu ; les dige:tions sont lentes et

accompagnées d’une douleur aiguë qui persiste pendant deux

00e heures : cette douleur exagérée par la pression présente une irradiation xiphoïdienne et lombo-dorsale. Il existe en outre des vomissements abondants bilieux et glaireux et une dilatation très marquée de l'estomac ; le lavage ramène, à jeun, des aliments non transformés. Pendant ses digestions, la malade est souvent sujette à des palpitations qui se traduisent à l’auscultation par un rythme particulier du cœur, affectant les allures du bruit de galop. La malade a perdu 12 à 15 kilogrammes de-

puis deux ans.

Observation XLVII

Revou. Loc. cit.

Il s’agit d’une femme, âgée de 36 ans, qui est entrée à l’hôpipital le 12 juin dernier. Cette femme ressent, depuis le commencement du mois de juin, des douleurs gastriques sourdes, mais supportables. Le 11 juin au soir, elle fut prise d’une douleur violente avec éructations et vomissements bilieux et alimentaires d’odeur fétide ; pas d’hématémèse. La sensibilité est obtuse à la pression ; il existe bien un point rachidien, mais beaucoup moins marqué que chez les deux malades précédents.

L'intérêt est ici rétrospectif. En effet, en allant au lavoir, il y a trois ans, cette femme tomba sur le bord d’un seau qui l’atteignit à la région épigastrique. La douleur fut très vive, avec arrêt momentané de la respiration ; c’est le surlendemain seulement qu’elle fut prise d’un vomissement de sang considérable,

Elle fut soignée par le D: Rigal, pendant six mois, et mise au régime lacté ; au bout de ce temps, elle put être considérée

comme guérie, mais il lui fut impossible de boire du vin et elle

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