OO
tisme, il a commencé à éprouver de violentes douleurs dans l'estomac ; les douleurs présentaient déjà cette particularité d’être provoquées par l’ingestion d’aliments et calmées par les vomissements. J..., néanmoins, continua son travail pendant quelques jours, mais il a été bientôt forcé d'interrompre et d’entrer à l'hôpital Tenon où il a été soigné dans le service du D: Netter. Il en est sorti amélioré, mais les symptômes dyspeptiques n’ont pas tardé à reparaître et à nécessiter son entrée à l'hôpital Hérold.
Sous l'influence de la diète lactée et de la médication alcaline intensive, l’état de J... s'étant notablement amélioré, nous avons cru pouvoir procéder à l'examen de son suc gastrique; malheureusement, cet examen n’a pas été possible, car l'introduction de la sonde gastrique a immédiatement provoqué des nausées et
une hématémèse abondante.
Observation LIIT
Srern, Loc. cul.
Le 28 février 1894, un aiguilleur, âgé de 36 ans, reçoit dans l'épigastre un coup de tampon de wagon; il peut faire encore quelques pas, mais on doit le transporter à son domicile parce qu’il souffre de violentes douleurs. Le blessé dit que, tout de suite après l'accident, il a « craché » du sang.
Depuis cette époque, il se plaint de douleurs gastriques et de nausées ; il mange peu et maigrit.
En décembre 1894, un certificat du médecin traitant indique
qu’il a complètement perdu l'appétit et qu’il a de fréquents ren-,
EM Que vois; en outre, la langue est chargée, l’haleine très fétide et il s’est produit une nouvelle hématémèse.
Au mois de février 1895, Stern examine le malade : il est pâle, amaigri; les muscles sont atrophiés; la langue est chargée et l’haleine fétide. Les battements du cœur sont rapides, La pression exercée au niveau des côtes du côté gauche réveille une violente douleur. La sensibilité est diminuée sur la moitié gauche du corps, sauf à la figure; cette diminution est surtout marquée au thorax et à l’abdomen. On perçoit très nettement les pulsations de l’aorte abdominale. Les réflexes patellaires sont augmentés ; il existe du clonus du pied. Le malade donne une impression de souffrance et d’agitation.
Examen de l'estomac. — Le liquide extrait une heure après le repas d’épreuve d'Ewald contient de l'HCI libre. Il n’y a pas d’acide lactique ; le taux de l’acidité totale est voisin du taux normal. Après la distension artificielle de l’estomac par l’acide carbonique, la limite inférieure de l’organe passe à deux travers de doigt au-dessous de l’ombilic; cette intervention provoque immédiatement de violentes douleurs et un vomissement qui contient des traces de sang frais. Le traitement (repos au lit, opium, etc...) fait disparaître les douleurs.
En juin 1895, bien que l’état général se soit un peu amélioré, le malade est toujours pâle et amaigri ; la pression exercée au niveau de l’épigastre est encore douloureuse.
En 1896, bon état général. L’ingestion d’une nourriture peu abondante, composée exclusivement d’aliments liquides ou de consistance molle, ne détermine aucun trouble gastrique, Tout écart de régime provoque la réapparition des douleurs. L’analyse du repas d’épreuve montre la présence d'HCI libre et une
légère augmentation de l'acidité totale. La pression exercée sur
re
la région épigastrique est encore douloureuse; l'appétit est petit, en somme, et la sensibilité cutanée de la moitié gauche du thorax et de l'abdomen est toujours diminuée.
En août 1897, l'aspect extérieur semble meilleur, mais l’état général est le même.
Stern ajoute que les troubles nerveux accusés par le blessé sont sans doute des phénomènes autosuggestifs,
Peut-être pourrait-on croire que les signes gastriques sont, eux aussi, de nature nerveuse? Mais l'apparition d’un vomisse- , ment contenant du sang après la distension artificielle de l’es-
tomac prouve qu’il existe une ulcération intéressant là muqueuse
de l'organe.
Observation LIV
Menxe. Nach Unfallakten, 1906 et Thiem, loc. cit.
Le 7 juillet 1899, un serrurier, âgé de 24 ans, antérieurement bien portant, reçut un choc dans la région de l’estomac, en voulant changer de place un morceau de fer de 300 kilogrammes.
Les douleurs, apparues aussitôt après l’accident, ont cessé rapidement, si bien que le blessé a pu reprendre son travail le | lendemain matin. Mais, lorsqu'il voulut soulever à nouveau un objet assez pesant, il éprouva une sensation de déchirure au niveau de la région qui, la veille, avait subi le choc. Il se sentit mal et, une heure et demie après, il eut un vomissement de sang-qui se répéta plusieurs fois dans la journée. Les médecins traitants ont constaté une grande sensibilité gastrique.
Le traitement produisit une amélioration sensible ; mais, du
6 février au 17 mai 1900, le malade a de nouvelles hématémèses qui l’obligent à entrer à l'hôpital.
Le 11 juillet 1900, en voulant soulever un sac, le blessé vOmit une grande quantité de sang.
Le 1° octobre 1900 et le 2 mars 1903, le même accident se reproduit.
Vers le milieu du mois de juin 1903, le malade sort de l’hôpital, touche une petite rente et peut faire des travaux légers.
Le 21 juin 1903,il a une syncope grave, les selles sont noires.
Il est alors examiné dans une clinique spéciale des maladies de l’estomac, où l’on constate de l’insuffisance gastrique et une
hyperchlorhydrie très marquée.
Observation LV
Lavece. Loc. cit., page 26.
Laurent L.., âgé de 46 ans, arrimeur de poteaux de mine aux Docks de Bordeaux, entre le 28 mars 1908 à l’hôpital Saint- André. Nous ne relevons rien d’intéressant dans les antécédents héréditaires de ce malade; lui-même n’a fait aucune maladie ni dans son enfance, ni dans son adolescence. Il n’est pas fumeur et n’a pas d’habitudes alcooliques ; il a un régime alimentaire régulier, un bon appétit et des digestions faciles, En somme, homme ayant joui d’une santé excellente jusqu’en 1899.
Au mois de juillet 1899, après déjeuner, comme à l’ordinaire, il travaille aux Docks, quand, à la suite d’un effort violent pour soulever une poutre lourde de 85 kilogrammes environ, il ressent dans la région épigastrique une vive douleur qu’il compare
à celle d’une profonde piqûre d’aiguille. Il localise cette douleur
, dans le septième espace intercostal gauche, à un demi-centimètre au-dessus du rebord costal, sur la ligne mamelonnaire.
C’est à partir de ce moment précis que le blessé, ignorant jusqu'alors ce qu'était « le mal d'estomac », souffre de cet organe. La douleur du premier jour, d’abord punctiforme, se diffuse bientôt pour se généraliser à tout l'estomac. Une semaine s’est à peine écoulée que le malade éprouve déjà des sensations de brûlure qui deviennent plus vives de jour en jour. L'état général ne tarde pas à subir le contre-coup de cet état patholo- gique de l'estomac; insensiblement, Pappétit s’en va, sans dégoût pour la viande; de l’avis de ses proches, le blessé maigrit, son teint pâlit. Sans cesse, il éprouve un malaise, une insupportable pesanteur à la région épigastrique. Une heure environ après avoir mangé, il a de petits vomissements alimentaires, glaireux, un peu acides. Bien que ses forces chaque jour l’abandonnent, il lutte contre le mal et ne cesse pas de travailler.
Un mois après ce que nous sommes en droit d'appeler son accident, au mois d’août par conséquent, ayant pris un bol de bouillon au repas de midi, 1l se met au travail. Vers deux heures de l’après-midi, subitement, il a une forte crampe gastrique et une syncope de courte durée; il quitte son travailet se couche. Sans cause directe connue, le soir de ce même jour, il a une abondante hématémèse d’un sang noirâtre. Le médecin appelé prescrit le régime lacté exclusif, des opiacés et ordonne le repos au LH le plus absolu. Après sept mois de ce traitement, le malade a repris des couleurs et a récupéré ses forces. Ilse croit tellement bien guéri qu’il cesse tout régime et reprend son métier d’arrimeur.
Pendant quelque temps, l’appétit reste assez bon, ainsi que
l'état général, Ge n’est que vers la fin de 1901 que les anciennes
douleurs gastriques réapparaissent, mais elles évoluent quelque temps à bas bruit; elles sont supportables, fugaces, se montrant un jour pour disparaître le lendemain. Petit à petit, les digestions deviennent de moins en moins faciles. Au commencement de 1902, le malade éprouve de vives sensations de chaleur à l’épigastre ; il a souvent des renvois acides, glaireux, surtout après ses repas.
Les crises gastriques deviennent de plus en plus rapprochées; à la suite des repas, le malade souffre de nouveau des mêmes sensations de brûlure au fer chaud à l’épigastre. Il a des hoquets, de nausées, des vomissements. Outre ces vomissements, il se produit chez lui des alternatives de diarrhée et de constipation; il maigrit progressivement. Les phénomènes morbides vont s’aggravant de jour en jour ; les vomissements sont presque quoti-
diens, sans la moindre trace de caillots. Depuis quelques mois,
la sensation de brûlure s’accentue davantage ; en outre, le malade éprouve une douleur extrêmement vive, surtout après les repas, à l’épigastre, au niveau de l’appendice xiphoïde et dans le dos, en un point correspondant à la pointe du sternum, à gauche de la colonne vertébrale. Dans ces derniers temps, la diarrhée n’a cessé d’être persistante, sans jamais de melaena. Subitement, il y a deux jours, le 26 mars, l’après-midi, étant au travail, le blessé a une hématémèse très abondante d’un sang noirâtre, mêlé aux aliments. Obligé d'abandonner son travail, il entre à l'hôpital Saint-André. Voici dans quel état nous l’avons trouvé le 28 mars 1903. Il est très amaigri (il nous dit avoir perdu 7 kilogrammes depuis un an) et présente une pâleur générale des téguments, sans la moindre trace d’œdème ni de : bouffissure ; le pouls, égal, régulier, avec tension un peu faible,
bat à 76 pulsations,
oi
Lorsqu’on examine l’estomac du malade, on trouve une forte résistance musculaire au creux épigastrique. En outre, la palpation de l’abdomen ne se pratique pas sans difficulté. Il existe une hyperesthésie telle que la simple application de la main réveille des douleurs intenses, qui paraissent avoir leur siège dans la peau plutôt que dans les organes sous-jacents ; il se produit alors une contraction énergique des muscles grands droits de l’abdomen; on ne peut que très difficilement palper l’estomac. En cherchant à provoquer la douleur, on reconnaît qu’elle est extrêmement intense en un point situé au-dessous de l’appendice xiphoïde. Dans cette région, en effet, le doigt appliqué perpendiculairement à l’estomac détermine une douleur intolérable. Il en est de même à gauche de la colonne vertébrale, à la hauteur de la pointe du sternum.
L’estomac a une sonorité qui atteint l’ombilic, et mesure, sur la ligne xiphoïdo-ombilicale, 12 centimètres; sur la ligne mamelonnaire, il atteint 13 centimètres.
Les autres organes sont indemnes.
Régime lacté, repos absolu. Bicarbonate de soude. Orthoforme. Eau de Vals. Des cataplasmes chauds sont appliqués sur la région épigastrique.
= Au bout d’un mois environ de ce traitement, le malade peut manger quelques aliments solides. Au mois de juillet, les douleurs ont disparu à peu près complètement.
Le malade sort de l’hôpital le 7 août, sinon guéri, tout au moins très amélioré. |
Le 15 novembre de la même année, il revient à l’hôpital. Dès qu'il a recommencé à travailler, nous dit-il, les troubles gastriques ont fait une nouvelle apparition. A la moindre fatigue, il souf-
fre de douleurs qui se localisent à quelques centimètres au-des-
sous de l’appendice xiphoïde. Vite, il a perdu l’appétit ; il a tous les jours des vomissements alimentaires après avoir mangé.Jamais ilne vomit le matin, à jeun. On lui conseille le traitement par les alcalins. Il sort de l'hôpital à la fin de décembre, en bonne voie de guérison.
6 mar 1906. — Le malade souffre depuis surtout une quinzaine de jours. Il éprouve une sensation de poids très lourd sur l’estomac quand il a pris quelque nourriture. Le matin, il a
des régurgitations acides.
Observation LVI
Laveice. Loc. cit., page 30.
Jean L..., cultivateur, âgé de 47 ans, souffre de l'estomac depuis un accident survenu en septembre 1904, dans les circonstances suivantes.
C'était à l’époque des vendanges. L..., doué d’une très grande force, fait le pari de descendre une barrique pleine de raisins qui se trouvait à l'arrière d’une charrette. Il prend la barrique à bras-le-corps, en agrippe du mieux qu’il peut les cercles, et, à reculons, à petits pas, la descend ; mais voilà que les cercles se détachant lui restent seuls dans les mains. Il tombe à la renverse d’une hauteur de 1 m. 30 environ. À peine son dos a-til touché le sol que, malgré la douleur, il a la vision subite du danger plus grand qui le menace ; rapide, il se relève et d’un effort violent repousse la barrique pleine qui, sous linfluence de l'impulsion reçue, allait lui tomber sur la poitrine. Aussitôt après, il retombe sur le dos ; on l'emporte sans connais-
sance.
Quand il revient à lui, il se plaint de vives douleurs dans la
région épigastrique, de douleurs plus diffuses dans la région lombaire ; la respiration exaspère les douleurs au point qu'il réduit au minimum ses inspirations.On lui fait prendre un grand bain salé ; on le met au régime lacté exclusif, Au bout de huit jours de ce traitement, les douleurs gastriques sont encore très violentes ; les douleurs lombaires ont disparu. Au mois d’octobre, c’est-à-dire un mois environ après son accident, il recommence à souffrir dans le dos. Les douleurs s’irradient vers la région lombaire ; le point le plus doulouceux est au niveau du dos, à la hauteur de l’épigastre. Elles sont, ces douleurs, indépendantes des heures des repas ; elles apparaissent tantôt le matin, tantôt le soir, soit à jeun, soit après dîner, L’appétit devient difficile, la digestion pénible, Le malade n’a pas de dégoût marqué pour la viande, mais préfère manger cependant des potages et des légumes. Après les repas, il s’aperçoit que son ventre ballonne d’une façon exagérée. Il a des éructations, des renvois qui lui brûlent l’œsophage.
A la fin d’octobre 1904, surviennent de petits vomissements alimentaires qui se produisent une heure environ après les repas ; ces aliments vomis sont mélangés de glaires, de mucosités. Toujours les vomissements sont précédés d’éructations acides provoquant du pyrosis très désagréable.
À la fin de novembre, le malade souffre toujours au niveau de l’épigastre et dans le dos.
En janvier 1905, une heure après diner, subitement, il est pris d’une hématémèse et vomit un litre et demi de sang, nous dit-il. Le médecin ordonne le repos absolu, le lait et une potion
au bismuth. Le surlendemain, nouvelle hématémèse mélangée de
caillots noirâtres.
PE CAE
Une troisième hématémèse survint dans le courant de 1905,
Pendant les années 1905 et 1906, le malade n’a pas cessé de souffrir de l'estomac. Les douleurs se montrent par crise, à intervalles assez réguliers, tous les huit à dix jours environ. Elles se caractérisent par des sensations de brûlure qui, prenant naissance dans la région périxiphoïdienne, vont s’irradiant en arrière, vers la dixième vertèbre dorsale, Elles apparaissent toujours après les repas. Il arrive quelquefois que le malade préfère ne pas manger pendant vingt-quatre heures plutôt que de réveiller ses souffrances.
Etat actuel. — 20 décembre 1906. — La région épigastrique est légèrement douloureuse à la palpation superficielle. La percussion indique un abaissement de la sonorité gastrique; on détermine assez facilement du clapotage. Il y a six jours que le malade n’a pas eu sa crise gastrique.
La pression du doigt sur l’appendice xiphoïde réveille une très vive douleur en broche.
Le malade, souffrant moins après avoir mangé des légumes, vit à peu près exclusivement du régime végétarien. L'examen
des autres viscères ne révèle rien de pathologique.
Observation LVII
OŒÆErnnéer. Loc. cit., observation n° I.
R..., 38 ans, chauffeur d'automobile, n’a jamais été malade et n’a en particulier présenté aucun trouble digestif quelconque* antérieur. |
Le 7 octobve 1907, ïil a été victime d’un accident : un cahot
de l’automobile qu’il conduisait le projeta en avant ; il tomba
PNOE sur un petit mur, au niveau de la région épigastrique. Il ressentit aussitôt une douleur violente et perdit connaissance. Bien qu'ayant fail un déjeuner assez copieux moins d’une heure auparavant, 1l ne se produisit ni vomissement alimentaire, ni
hématémèse.
Après quelques jours, les douleurs changent de caractère ; elles ne sont plus continues, mais elles sont plus violentes : elles surviennent généralement vers quatre ou cinq heures de l’aprèsmidi, durent jusqu’au dîner, sont calmées par l’ingestion du repas, puis reparaissent vers onze heures du soir pour durer jusqu’au matin avec une pénible intensité. Elles se calment vers six heures du matin, à la suite de l’ingestion d’une petite quantité de lait pour réapparaître à onze heures. Elles siègent dans la région épigastrique, s’irradient vers les côtes et parfois vers la région dorsale. Il n’y a pas de vomissements alimentaires, mais parfois, surtout la nuit, se produisent des vomissements de liquide, sans débris alimentaires, très acide, dit R..., et qui agace les dents. Le malade est fatigué ; il a maigri de 13 kilogrammes.
A l’examen, le 22 janvier 1908, il n’y a pas de ballonnement épigastrique, mais on constate un clapotage sus-ombilical net, le malade ayant pris du lait une ou deux heures auparavant. Toute la région épigastrique est douloureuse à la pression, surtout sur la ligne médiane et dans la région située à droite de celle-ci.
Le lavage de l’estomac à jeun ramène quelques centimètres cubes de liquide strié de sang, ce qui n'engage pas à poursuivre l'examen. Un repas d’épreuve (repas d'Ewald), le 25 janvier,
donne les résultats suivants :
Quantité totale. . 170 cme. (le liquide est mal émulsionné). Acidité totale . . 4,23 °fo0.