‹ L'Ulcère Traumatique de l'EstomacChapitre 28 sur 37 · AU0O · texte numérisé non relu

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ment ; la douleur se montre seulement le jour suivant, après le repas.

A dater de ce moment, douleurs stomacales quotidiennes, consécutives aux ingestions alimentaires. Quatre semaines seulement après la chute apparaît le vomissement. Les douleurs augmentent de plus en plus ; le sujet s’affaiblit et il entre, après une période d’accalmie, à la Clinique médicale de Zurich. Épigastre sensible : forte dilatation stomacale ; vomissements très abondants, par intervalles (jusqu’à trois et plus en vingt-quatre heures), etc. Diagnostic : sténose du pylore cicatricielle.

Le sujet passe à la Clinique chirurgicale au milieu de novembre : il est squelettique et ne pèse que 38 kilogrammes, au lieu de 75 autrefois, A droite de la ligne médiane, au-dessus de l’ombilie, on sent une masse résistante de la grosseur d’une noisette. On opère et on touve que le pylore, fortement uni par du tissu cicatriciel serré avec les parties postérieures et avec le foie, est lui-même épaissi, cicatriciel. Résection du pylore, et, comme le duodénum est lui-même fortement rétréci, on obture son extrémité par une suture et on abouche l’estomac dans une anse du jéjunum. Le patient meurt le lendemain.

La partie réséquée pendant l'opération montre une surface ulcéreuse, à fond cicatriciel, qui s’étend jusqu’à l’embouchure duodénale, laquelle est réirécie au point de n'admettre que dif-

ficilement une tête d’épingle.

Observation XLI

Krôxzenw, Loc. cil.; Stern, loc. cit. ; Thoinot, loc. cit., p.316,

Il s'agit d'un ouvrier de 48 ans, n'ayant jamais eu de maladie,

A la fin du mois de juin 4898, il faitsune chute dans laquelle

le manche de la fourche qu’il tenait le frappe violemment au creux épigastrique.

Il peut reprendre son travail, mais, la ut suivante, il est pris de violentes douleurs du côté gauche qui l’empêche de vaquer à ses occupations.

Au bout de trois mois environ, apparaît le vomissement ; l'appétit diminue de plus en plus et la douleur épigastrique s’installe à demeure.

Le 20 septembre 1898, il est admis à la Clinique médicale et le {4 novembre, il passe à la Clinique chirurgicale. Grand amaigrissement, douleurs épigastriques, pas d’appétit. L’estomac ne descend pas jusqu’à l’ombilic; le contenu stomacal est acide, On diagnostique une sténose traumatique du pylore et on opère.

On trouve un estomac un peu dilaté ; toute la région pylorique se montre dure et infiltrée ; sur la séreuse existe une série de nodules blanchâtres, durs, de la grosseur d’une tête d’épingle. On soupçonne un carcinome du pylore qu’on résèque dans toute sa partie infiltrée. Le patient guérit et quitte l'hôpital ayant engraissé de 6 kilogrammes.

L'examen de la pièce montre, immédiatement avant le pylore, une forte sténose cicatricielle qui admet seulement une sonde de 5 millimètres. À une distance de 2? à 4 centimètres en amont de ce point rétréci, la muqueuse normale disparaît brusquement à pic, et est remplacée par une surface unie, rouge pâle, légère-

ment déprimée.

Observation LXII

A. Hanwecarr (de Bruxelles). Annales de la société belge de chirurgie, avril 1904 et Guillois, loc. cit., p. 66.

Le nommé G... Léopold, âgé de 40 ans, a séjourné trentesept mois au Tonkin et dix ans en Afrique. Il a souffert des fièvres bilieuses, mais n’a jamais eu d’abcès du foie. Rentré en Belgique il y a {rois ans et demi, il a reçu dans la région de l’hypocondre gauche un violent coup de pied qui fut immédiatement suivi de vomissements de sang, évalués en quantité à un litre et demi environ.

Transporté d’urgence à l'hôpital dans un état demi-comateux, il y fut soigné pendant un mois pour ulcère de l’estomac. Les hématémèses se reproduisirent à différentes reprises et nécessitèrent plus tard l’admission du malade à l'hôpital de Gilly où, depuis trois ans, il est soumis au régime et au traitement habituels de la gastrite ulcéreuse.

Au moment où je le vis pour la première fois, c’est-à-dire 1l y a quatre semaines, ce malade déclarait ressentir dans l’hypocondre gauche et à l’épigastre des douleurs continues, s’exagérant à certains moments et prenant le caractère de crises très pénibles. Appétit nul, vomissements alimentaires et bilieux, pyrosis et éructations acides ;le blessé n’a plus vomi de sang depuis deux ans. Amaigrissement fort prononcé, teint anémique, mais non jaune paille.

A l'examen objectif, on constate que toute la région épigastrique est fort douloureuse à la pression et est occupée par l'estomac très distendu, dépassant l’ombilic par son bord infé-

rieur. On ne perçoit pas de tumeur,

OR

Diagnostic : Gastrectasie provoquée par un rétrécissement py-

. lorique consécutif à une rétraction cicatricielle.

L'opération est pratiquée le 16 avril 1904. Après la laparotomie par incision médiane, allant de l’appendice xiphoïde à l’ombilic, on trouve que l’estomac, très dilaté, a contracté de solides adhérences avec le péritoine pariétal, avec la face inférieure du foie, masquant la vésicule biliaire ainsi que le pylore., Comme il n’existe aucune apparence de néoplasme, on pratique la gastroentérostomie rétro-colique postérieure en Ÿ, suivant le procédé de Roux.

Suites opératoires normales; guérison parfaite et disparition

complète des troubles gastriques.

8) Fistule gastro-abdominale : 1

Observation LXIIL

Ricueranr. Nouveaux éléments de physiologie, 1833, tome I, page 12.

Il s’agit d’une malade âgée de 47 ans qui portait une fistule depuis sa trente-huitième année. Cette fistule tait ovalaire, longue de dix-huit lignes et large de plus d’un pouce, située au bas de la poitrine, à la partie supérieure et gauche de la région épigastrique.

Dix-huit ans auparavant, cette femme était tombée sur le seuil d’une porte ; le coup avait porté sur l'épigastre. L'endroit frappé resta douloureux et la malade, dès lors, ne put se tenir et marcher que courbée en avant et sur le côté gauche. A la fin de ce long intervalle, une tumeur phlegmonneuse, oblongue, se mani-

festa sur le point lésé.

Au milieu des nausées et des vomissements qui survinrent, cette tumeur s’abcéda et, par la plaie qui résulta de sa rupture, s'échappèrent deux pintes d’un liquide que la malade venait de boire pour éprouver quelque soulagement. Depus lors, la fistule qui d’abord eût à peine admis le bout du petit doigt, s’élargit de jour en jour ; elle donnait seulement issue aux boissons. Mais, au huitième mois, les aliments eax-mêmes commencèrent à passer et continuèrent ainsi jusqu’à la mort.

+) Abcès de la paroi gastrique, avec fistule gastro-intestinale : 1

Observation LXIV

ABERCROMBIE, Archives générales de médecine, 1824, tome III, page 447.

Une femme, dont parle M. Pinel, fut blessée à l’estomac par

un coup de tête qu’une chèvre lui donna. Cet accident fut suivi

de sensibilité à l’épigastre qui persista, sans autres symptômes,

pendant deux ans : alors, la douleur devint plus fixe et une tumeur très sensibie à la pression se développa. Le diamètre en était d’abord de deux pouces, mais bientôt la grandeur doubla.

Après quelques jours, cette tumeur disparut tout à coup pendant un accès de toux et il ne resta plus que de la sensibilité dans la région épigastrique. La malade éprouva alors des frissons suivis d’un sentiment de chaleur, une grande faiblesse, de l’amaigrissement et mourut quatre mois après l'apparition de cette tumeur.

Quelque temps avant la mort, la douleur de RÉMDAE était devenue plus aiguë; il y avait de la gêne dans la respiration, des

hoquets, des éructations fétides, mais aucun trouble marqué

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dans les fonctions de l'estomac. L’appétit était resté assez bon pendant tout le cours de la maladie et les évacuations étaient naturelles, si ce n’est qu'immédiatement après la disparition de -à tumeur il y eut de la diarrhée.

Lors de l’ouverture du cadavre, on trouva les intestins très enflammés et adhérents dans une grande étendue au mésentère et aux parois abdominales, La petite courbure de l'estomac adhérait au foie et au pancréas et la grande courbure au côlon ; ses parois avaient un pouce d’épaisseur,

La membrane muqueuse de ce viscère était recouverte d’une matière puriforme et fétideet une cavité en cloaque, assez grande pour admettre le doigt, s’y trouvait et se dirigeait vers l’endroit où la petite courbure adhérait au foie,

Il y avait aussi une communication entre l’estomac et l'iléon.

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